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19/01/2017

Vers un accord sur le renflouement de la Grèce?

Euro & Finances

Vers un accord sur le renflouement de la Grèce?

Alexis Tsipras rencontre les créanciers de la Grèce.

[Reuters]

Dans un accès d’optimisme surprenant, Athènes et ses créanciers se sont déclarés prêts à signer un accord de renflouement dans les jours à venir, malgré certaines questions encore en suspens.

Le ministre grec des Finances, Euclide Tsakalotos, s’est dit confiant mardi. Il estime possible la finalisation du nouveau prêt sur trois ans à la Grèce d’ici le 20 août, ce qui permettrait au pays d’éviter une aide d’urgence pour pouvoir rembourser la Banque centrale européenne (BCE) à cette date.

Interrogé par des journalistes à la sortie d’une rencontre avec les chefs de mission des créanciers internationaux (UE, BCE, FMI) le ministre a estimé que les discussions se passaient « au moins aussi bien que nous l’attendions. Ce n’est pas pire et peut-être un peu mieux que je l’attendais ».

À la question de savoir si le calendrier pourrait être respecté, avec un accord au 20 août, il a répondu : « Oui. Il n’a jamais été dit, ni de notre part, ni de leur part [les créanciers, ndlr] que le calendrier ne serait pas respecté ».

Un optimisme partagé au matin du 5 août avec Jean-Claud Junker, le président de la Commission. « Tous les rapports qui me parviennent me laissent penser qu’il sera possible de conclure un accord au cours du mois d’août, de préférence avant le 20 août » sur un troisième plan d’aide pour Athènes, a affirmé M. Juncker dans un entretien mercredi à l’AFP.

Mi-juillet, alors qu’Athènes et ses partenaires s’étaient entendus sur le principe de ce nouveau renflouement, la Grèce avait reçu un prêt d’urgence de sept milliards d’euros de l’Union européenne pour s’acquitter d’arriérés auprès du Fonds monétaire international et d’un précédent remboursement à la Banque centrale européenne. Elle doit rembourser ce prêt d’urgence et souhaiterait éviter d’en contracter un second.

>> Lire : Le vote sur le plan de renflouement de la Grèce menace l’unité de Syriza

Le ministre grec des Finances a évoqué mardi avec les créanciers la recapitalisation des banques et les modalités de privatisation des actifs publics grecs réclamée par ces derniers en échange de leur aide. Sur ce point, « il y avait des convergences de vue sur certains aspects et des divergences sur d’autres […] mais sans donner l’impression de réels problèmes », a-t-il dit.

Les questions restant ouvertes seront réexaminées le 5 août lors d’un nouvel entretien qui marquera, selon M. Tsakalotos, la fin d’un premier chapitre des discussions.

Les deux parties cherchent notamment comment articuler le fond de privatisation actuel, mis en place lors des précédents plans de sauvetage, et le nouveau censé rapporter 50 milliards d’euros.

« Si les deux parties respectent les engagements du sommet du 12 juillet, nous aurons un accord le 18 », avait déclaré plus tôt sur la chaîne Skaï la porte-parole du gouvernement Olga Gerovasili.

>> Lire : Réouverture de la Bourse d’Athènes sur fond de désaccord entre les créanciers

Prêts-relais

Le 4 août, M. Tsakalotos avait assuré qu’il n’avait pas été question avec les créanciers du déblocage d’un « prêt-relais » pour permettre de payer 3,4 milliards d’euros dus à la BCE le 20 août. La Grèce espère donc qu’elle pourra honorer ce remboursement grâce au versement d’une première tranche du prêt sur trois ans, d’un montant de plus de 80 milliards d’euros, en cours de discussion avec les institutions créancières.

Le gouvernement grec a annoncé ne pas vouloir d’un simple prêt-relais, mais attendre le versement d’une première tranche d’aide de 25 milliards d’euros pour faire face à ses échéances, a déclaré mercredi matin (le 5 aôut) Nikos Filis, porte-parole du groupe parlementaire Syriza.

Athènes, a-t-il insisté sur l’antenne de la chaîne publique ERT, ne veut pas de mesures temporaires, mais bien un accord total.

« Nous n’accepterons pas de nouvelles ‘actions préalables’ en échange d’un petit prêt-relais. Nous voulons qu’un accord final soit signé et nous verrons alors ce qui est nécessaire pour le versement de 25 milliards d’euros en guise de première tranche », a-t-il affirmé.

Nikos Filis a également appelé l’ensemble des membres du parti de la gauche radicale à s’unir derrière l’accord du 13 juillet conclu entre le Premier ministre Alexis Tsipras et les créanciers internationaux d’Athènes. « Les différences ne devraient pas l’emporter sur l’unité du parti et la stabilité du pays », souligne-t-il.

>> Lire aussi : Le Parlement grec valide le plan d’austérité proposé par Tsipras

Athènes et ses créanciers doivent aboutir au plus tard le 20 août à un compromis sur un nouveau plan d’aide ou sur un nouveau prêt-relais afin de permettre à la Grèce de rembourser à la Banque centrale européenne (BCE) 3,5 milliards d’euros d’obligations arrivant à échéance ce jour-là.

Les pourparlers se poursuivent ce mercredi.

Le plan d’aide en discussion, qui pourrait atteindre 86 milliards d’euros, sera le troisième accordé à la Grèce depuis 2010 pour lui éviter la faillite et une sortie forcée de la zone euro.

Le quotidien grec Avgi rapportait dimanche qu’Athènes solliciterait auprès de ses créanciers internationaux le versement d’une première tranche d’aide de 24 milliards d’euros.

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