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06/12/2016

Washington pourrait négocier le TTIP simultanément avec Londres et Bruxelles

Euro & Finances

Washington pourrait négocier le TTIP simultanément avec Londres et Bruxelles

Barack Obama s'apprête à négocier à tour de bras.

[Dcblog/Flickr]

Conséquence de la victoire du Brexit au Royaume-Uni, Barack Obama pourrait tenter de négocier un accord de commerce bilatéral avec la Grande-Bretagne simultanément à la poursuite des négociations commerciales avec l’Union européenne, a déclaré le secrétaire d’État John Kerry.

« Je pense que compte tenu de ce qui s’est passé, le président va tenter de mener les deux en même temps », a annoncé le chef de la diplomatie américaine le 29 juin. « Il sait comment mener plusieurs tâches à la fois. »

Négociations séparées

Son porte-parole, John Kirby, a précisé par la suite que John Kerry n’annonçait pas un plan de négociations séparées entre le Partenariat transatlantique sur le commerce et l’investissement (TTIP) d’une part, et un accord bilatéral avec Londres de l’autre.

« Le secrétaire d’État n’a pas suggéré une intention de l’administration de négocier simultanément des accords commerciaux avec le Royaume-Uni et avec l’UE, il a simplement indiqué clairement que nous allons travailler avec le Royaume-Uni et l’UE pour mieux comprendre les conséquences du référendum de jeudi sur le TTIP », a-t-il détaillé.

En avril, Barack Obama avait prévenu les Britanniques qu’ils pourraient devoir attendre cinq à dix ans pour conclure un accord de libre-échange avec les États-Unis s’ils décidaient de quitter l’Union européenne.

>> Lire aussi : L’accord de libre-échange avec le Japon plus prometteur que le TTIP

Le président démocrate, qui avait alors passé trois jours à Londres pour inciter les Britanniques à voter pour l’Europe, avait aussi indiqué que le Royaume-Uni pourrait se retrouver « en queue de peloton » pour conclure un accord commercial avec les États-Unis en cas de Brexit. Barack Obama espère conclure les discussions sur le grand marché transatlantique avant la fin de son mandat, en janvier prochain.

Pas de remise en question du TTIP

À Bruxelles, où se tenait mardi soir le premier conseil européen depuis la victoire du camp du Brexit au Royaume-Uni, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a déclaré que les négociations allaient se poursuivre avec les États-Unis.

Angela Merkel, la chancelière allemande, a pour sa part déclaré qu’elle ne voyait aucune raison d’arrêter les négociations du fait de la décision des électeurs britanniques. « Personne n’a dit que nous devrions arrêter les négociations, et cela inclut la Grande-Bretagne », a-t-elle estimé. « Il y a un mandat clair pour continuer les négociations. »

« Certains ici disent qu’en raison du départ de la Grande-Bretagne, nous ne devrions pas continuer parce que l’un des soutiens de l’accord a été perdu », a-t-elle continué. « Je pense que c’est la mauvaise approche. Soit nous en voulons et nous allons au bout des négociations, soit nous n’en voulons pas. Pour moi, cela ne suffit pas pour suspendre les négociations. »

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