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26/09/2016

Un commandant de l’armée de l’air, candidat aux présidentielles bulgares

Europe de l'Est

Un commandant de l’armée de l’air, candidat aux présidentielles bulgares

Royko Borissov serre la main du général Rumen Radev.

[Dnevnik, partenaire bulgare d'EurActiv]

Dans une période de tensions entre occidentaux, Turquie et Russie, le parti socialiste bulgare a nommé son candidat aux présidentielles : l’ancien commandant de l’armée de l’air.

Le 17 août, le général Rumen Radev, âgé de 53 ans, a été choisi par le parti d’opposition, quelques jours après sa démission en tant que commandant de l’armée de l’air. Il se verrait attribué le poste de président qui est essentiellement représentatif en Bulgarie.

« Nous avons nommé un candidat pour le parti socialiste bulgare : il s’agit du général Rumen Radev », a annoncé la chef de file du parti, Kornelia Ninova.

Ce pilote expérimenté a récemment effectué une manœuvre audacieuse avec un MiG-29 dans le ciel de Sofia au cours d’une parade militaire. Ses détracteurs ont cependant jugé que sa témérité avait mis la population de la capitale en danger.

Cette nomination marque le rapprochement du parti socialiste bulgare avec le parti plus modeste ABV (Alternative pour la renaissance bulgare), plus au centre, de l’ancien président Georgi Parvanov. Auparavant, l’antagonisme des deux partis, qui s’adressaient au même électorat, était particulièrement marqué. Pourtant, aujourd’hui, les deux chefs de file revendiquent que leur parti a proposé la candidature du général en premier.

En 2014, Rumen Radev avait présenté sa démission pour exprimer sa protestation quant à l’absence de soutien des forces aériennes de la part de l’État. Cependant, après avoir échangé avec le Premier ministre, Boyko Borissov, il a retiré sa démission.

Le parti au pouvoir, GERB (Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie) doit encore annoncer son candidat pour les élections qui auront lieu le 6 novembre.

Le président sortant, Rossen Plevneliev, a annoncé qu’il ne se représenterait pas après que le parlement a rejeté son veto sur le changement des procédures électorales en mai dernier.

>> Lire : Le président bulgare estime que Poutine veut faire exploser l’UE de l’intérieur

Le pouvoir du pays de 7,2 millions d’habitants revient majoritairement au Premier ministre et au parlement, tandis que le président dirige les forces armées, jouit d’un droit de veto sur la législation et signe les traités internationaux.

Boyko Borissov a estimé que son parti, GERB, devait choisir un candidat capable de gérer une éventuelle augmentation du flux d’immigrés venant de la Turquie et la tension croissante entre la Russie et les pays occidentaux.

>> Lire : La Bulgarie réclame un plan B pour les migrants

Les analystes n’écartent pas la possibilité que le Premier ministre se présente à la présidentielle pour augmenter les chances que son parti emporte les élections. Si les socialistes l’emportent, les analystes prévoient la démission de Royko Borissov et l’avancement de la date des élections parlementaires.

La presse bulgare a également mentionné la vice-présidente de la Commission, Kristalina Georgieva, pressentie comme candidate du parti GERB. Elle a pourtant fermement nié nourrir de tels projets.