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26/08/2016

Des crevettes biélorusses viennent illustrer les limites de l’embargo russe

Europe de l'Est

Des crevettes biélorusses viennent illustrer les limites de l’embargo russe

[Shutterstock]

Le contournement de l’embargo russe sur les denrées alimentaires européennes a démarré. Des crevettes en provenance de Biélorussie, un pays sans accès maritime, ont ainsi été repérées à Koursk.

Des crevettes « de Biélorussie », voilà ce que des consommateurs russes ont acheté à Koursk, selon le journal russe Novaya Gazeta. Plutôt étrange quand on sait que l’ancien pays soviétique n’a aucun accès à la mer…

Le journal ukrainien Zerkalo Nedeli rapporte également que des Russes ont commencé à se moquer de l’arrivée de produits incorrectement étiquetés.

Ces scènes se produisent alors que le président biélorusse, Alexandre Loukachenko, avait affirmé à son homologue russe que son pays n’autoriserait pas la réexportation par le territoire biélorusse de produits alimentaires interdits en Russie.

>> Lire aussi : L’UE élargit les sanctions contre la Russie

Selon le quotidien bulgare daily Standart, des entreprises bulgares, pourtant soumises à la législation européenne, envisagent de créer des sociétés communes en Serbie et en Turquie pour relancer la vente de produits alimentaires vers la Russie.

« La tomate bulgare devient serbe », indiquent des économistes à ce même journal. Ils prévoient que la Bulgarie continuera d’exporter des légumes vers la Russie, mais ils seront étiquetés avec l’appellation « origine : Serbie ».

« Des milliers d’entreprises de l’UE mettront sur pied des entreprises communes en Serbie et en Turquie. De cette manière, les sanctions ne seront pas directement violées et il n’y aura aucun fondement pour affirmer que la législation européenne a été transgressée », poursuivent-ils.

Contexte

L'Union européenne a décidé d'imposer des sanctions à l'encontre de la Russie en juillet, en réponse à l'attitude de Moscou en Ukraine.

Pour la première fois, les sanctions ciblent de larges secteurs de l'économie russe, dont les compagnies pétrolières, les banques et les entreprises de défense.

Avec ces mesures, les grandes banques d'État russes seront exclues des marchés européens. Le secteur du gaz, dont l'Europe dépend fortement, n'est toutefois pas concerné par ces sanctions.

La Russie a répliqué rapidement en imposant un embargo sur les produits alimentaires en provenance des pays occidentaux.  Une situation qui risque de créer des pénuries et une hausse des prix en Russie, et qui affecte aussi le secteur agro-alimentaire européen

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