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19/01/2017

En Hongrie, Viktor Orban met sur les rails son amendement anti-réfugié

Europe de l'Est

En Hongrie, Viktor Orban met sur les rails son amendement anti-réfugié

Malgré l'invalisation du referendum, Viktor Orban, poursuit son offensive anti-réfugiés.

[European people's party/Flickr]

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a engagé lundi la procédure visant à interdire dans la Constitution les « réinstallations » de demandeurs d’asile en Hongrie, affirmant répondre à la volonté des électeurs qui ont dit non, lors d’un référendum invalide, à l’accueil de réfugiés.

« Les populations étrangères ne peuvent pas être réinstallées en Hongrie », écrit le Premier ministre conservateur dans le projet d’amendement constitutionnel mis en ligne sur le site du parlement.

Projet d’amendement

« Les ressortissants étrangers (hors citoyens de l’Union européenne) ne peuvent vivre en Hongrie que sur la base de requêtes individuelles examinées par les autorités hongroises dans le respect des dispositions fixées par le Parlement », stipule encore le projet d’amendement.

Cette formulation vise directement à empêcher la mise en oeuvre en Hongrie de tout programme de répartition de réfugiés décidé par les États membres de l’UE. L’amendement sera soumis au vote des députés le 8 novembre.

>>Lire : Quotas de réfugiés : Viktor Orbán craint une « crise démocratique » en Europe

Il devrait obtenir sans mal le soutien nécessaire de deux tiers des députés car le parti majoritaire Fidesz du Premier ministre peut compter sur les votes du parti d’extrême-droite Jobbik.

Le non aux réinstallations de réfugiés a recueilli 98,3% des suffrages lors d’un référendum organisé par Viktor Orban le 2 octobre mais avec seulement 40% de suffrages exprimés par rapport au nombre d’inscrits, ce qui a invalidé la consultation.

« Large victoire »  ou referendum invalide

Le dirigeant hongrois revendique cependant une « large victoire » lui donnant la légitimité de changer la Constitution pour refuser que les décisions collectives de l’UE en matière migratoire s’appliquent dans son pays.

Le Premier ministre, qui mène depuis plusieurs mois une campagne aux accents xénophobes contre l’immigration extra-européenne, propose également d’inscrire dans la Constitution que « la forme et la structure de l’Etat, le territoire national et sa population » relèvent de « l’identité constitutionnelle » hongroise, laquelle ne peut être modifiée par aucune législation supranationale.

>> Lire : Le référendum antimigrant d’Orbán invalidé

L’opposition avait accusé Orban « de s’engager dans la voie des dictateurs » en voulant modifier la Constitution après un référendum invalide.

Le Premier ministre avait précisé que l’interdiction ne serait pas rétroactive et ne concernerait pas le plan européen de répartition dans l’UE de 160.000 demandeurs d’asile adopté par les 28 il y a un an.

Amendement constitutionnel ou pas, le gouvernement hongrois persiste dans son refus d’accueillir les 2.300 demandeurs d’asile qui lui sont dévolus dans le cadre de ces quotas européens.