Kiev dénonce la visite d’un eurodéputé tchèque en Crimée

La télé russe apprécie beaucoup Miroslaw Ransdorf. [ProfessorsBloga]

L’Ukraine a dénoncé le voyage programmé de Miroslaw Ransdorf, eurodéputé tchèque, en Crimée le 19 juin. Cette visite « discrédite » le Parlement européen selon l’ambassadeur. La Commission estime que les autorités nationales doivent agir lorsque les sanctions de l’UE visant le territoire russe sont transgressées.

Selon le Prague Post, le député européen tchèque Miroslaw Ransdorf, membre de la gauche radicale GUE, a été invité en Crimée par un club de médias appelé Format-a3 afin de présenter son point de vue sur le conflit ukrainien, pour lequel il rejette la faute sur les États-Unis. Le club a annoncé sa visite en le présentant comme un « représentant des intellectuels tchèques à l’esprit pénétrant (sic)» et opposant de l’OTAN.

Miroslaw Ransdorf aurait confirmé sa venue en Crimée mardi dernier pour donner une conférence sur l’Union européenne. Il devait donner cette conférence le 18 juin à Simferopol.

Le bureau de Miroslaw Ransdorf au Parlement européen n’ayant pas répondu, EURACTIV ne peut pas confirmer que l’eurodéputé s’est bel et bien rendu en Crimée.

Konstantin Yelisieiev, l’ambassadeur ukrainien auprès de l’UE a appelé le président du Parlement européen, Martin Schulz, à réagir de « manière appropriée » à la visite programmée.

« Il est clair que cette visite n’est pas représentative de la position officielle de l’Union européenne et qu’elle bénéficiera aux autorités russes d’occupation et aux propagandistes », a reproché Kostiantyn Yelisieiev.

L’UE a imposé des sanctions à la Crimée et à Sébastopol, base navale russe avant son annexion en mars 2014. Ces sanctions incluent le blocage des importations, des investissements, des services touristiques et des exportations de certains biens et services techniques. Les visites de représentants et les conférences publiques ne sont pas mentionnées.

>> Lire : L’UE peaufine des sanctions contre la Russie après le référendum en Crimée

EURACTIV a demandé à la Commission si les représentants de pays de l’UE pouvaient se rendre en Crimée et s’il y aurait des sanctions contre eux.

Dans la longue réponse de la Commission, l’exécutif indique qu’il revient aux États membres de décider des détails des sanctions. La Commission n’a pas précisé si les responsables politiques avaient le droit ou non de se rendre en Crimée pour y donner des conférences.

EURACTIV a également demandé au Parlement européen de commenter la critique de l’ambassadeur européen. Aucune réponse n’a été donnée à ce jour.

Miroslaw Ransdorf s’est fait connaitre en 2013 quand un journaliste l’a filmé en train d’arriver au Parlement à 18h et repartir cinq minutes plus tard dans l’unique but de recevoir son indemnité journalière. Réalisant qu’il était filmé à son insu, il s’était mis dans une colère noire.