EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

30/08/2016

L’espace Schengen attire toujours la Roumanie

Europe de l'Est

L’espace Schengen attire toujours la Roumanie

Dacian Ciolo?, Premier ministre de Roumanie s'est rendu à Paris pour rencontrerFrançois Hollande le 20 janvier après un déplacement à Berlin au début du mois.

[Présidence de la République - J. Bonnet]

Le premier ministre roumain souhaite toujours voir son pays rejoindre Schengen, malgré les déshérences de l’espace de libre circulation.

« Nous voulons adhérer à un espace Schengen qui fonctionne » a subtilement déclaré Dacian Ciolos, le nouveau Premier ministre, à l’occasion d’une visite à Paris les 20 et 21 janvier.

L’ancien commissaire européen à l’agriculture a été nommé le 17 novembre dernier à la tête d’un gouvernement de technocrate et pour une durée d’un an. Et réclame à l’UE l’ouverture des frontières aériennes, premier pas vers l’intégration de Bucarest à l’espace Schengen. Un dossier bloqué depuis des années.

>>Lire : Les Roumains perdent espoir d’intégrer Schengen

En effet, la Roumanie, qui a rejoint l’UE en 2007 et pourtant la deuxième frontière terrestre la plus importante de l’UE, remplit depuis 2010 les conditions techniques pour rejoindre l’espace Schengen. Mais les autres États membres refusent de laisser le pays rentrer pour des raisons largement politiques.

Réticences des États membres

Les réticences des États membres s’expliquent par le fait que la Roumanie reçoit toujours l’assistance de la Commission au travers du via le mécanisme de coopération et de vérification (MCV) afin de mener les réformes son système judiciaire et lutter contre la corruption.

Exclue depuis des années de l’espace Schengen aux côtés de la Bulgarie, qui fait l’objet des mêmes réserves de la part de l’des États membres, la Roumanie a cependant largement réduit la corruption. Des progrès salués par la Commission européenne à plusieurs reprises.

« La première étape pour l’intégration de la Roumanie dans l’espace Schengen pourrait être menée en ouvrant les frontières aériennes, afin de récompenser les progrès réalisés » a détaillé Dacian Ciolos.

>>Lire : La Roumanie veut bien accueillir des réfugiés si elle entre dans Schengen

 « Pour les frontières terrestres, la priorité doit être mise sur le renforcement des frontières extérieures » a rappelé le premier ministre, qui s’est dit « préoccupé par toutes les discussions actuelles sur les frontières nationales ».

La Roumanie, qui avait signifié son opposition au système de répartition obligatoire des réfugiés proposé par Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, avait fini pour voter en faveur du plan.

« Mais sans contrôle des frontières et des flux migratoires ce plan de répartition n’est pas la solution » a martelé Dacian Ciolos. « Nous voulons faire partie de la solution, et contrairement à certains autres États membres nous ne nous contentons pas seulement de dire non ».

Pour la Roumanie, le dialogue avec la Turquie sur la gestion de la crise des réfugiés ainsi que le projet de corps de garde-frontière européens, qui pourraient être mobilisé aux frontières de l’UE sans le consentement de l’État membre pour faire face à la pression migratoire font partie des solutions.

>>Lire : Les États membres renvoient le dossier des gardes-frontières à la présidence néerlandaise

Pour autant les crispations entre États membres sur la manière de gérer la crise migratoire sont présentes, notamment à l’Est où la Pologne, la Hongrie ou la Slovaquie se sont frontalement opposées à l’idée des quotas.

« Il me semble que les réactions de certains pays sont le résultat de frustrations liées à un manque d’intégration dans le processus de décision de l’UE », a indiqué le premier ministre. « À l’avenir, nous devrons trouver des mécanismes qui permettent à l’ensemble des pays – même les plus petits – de s’exprimer ».

>>Lire : La Roumanie veut faire partie du noyau dur de l’UE

Contexte

Lorsque la Roumanie et la Bulgarie ont rejoint l'UE le 1er janvier 2007, des lacunes demeuraient en termes de réformes du système judiciaire et de lutte contre la corruption. Dans le cas de la Bulgarie, la lutte contre le crime organisé posait également problème.

Un mécanisme de coopération et de vérification (MCV) a été mis en place pour assister les deux pays dans le domaine judiciaire après leur adhésion à l'Union.

Sept ans après l’adhésion des deux pays, le MCV est encore en marche sous l’actuelle Commission.

Ces derniers mois, la Roumanie a condamné plusieurs hauts responsables pour corruption. Les derniers rapports de la Commission concernant la Roumanie sont plus positifs que ceux concernant la Bulgarie.