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22/01/2017

L’UE qualifie d’intenable l’escalade de violence dans le Haut-Karabakh

Europe de l'Est

L’UE qualifie d’intenable l’escalade de violence dans le Haut-Karabakh

Un tank est arrêté sur le bord de la route dans le territoire contesté du Haut-Karabakh.

[ogannes_Flickr]

L’Azerbaïdjan et le Haut-Karabakh ssur le nombre de leurs soldats tués dans les récents conflits, alimentant ainsi les craintes d’un conflit plus généralisé dans le Caucase du Sud. 

Le 29 septembre, l’UE a qualifié le statu quo d’intenable. Selon Reuters, de nouvelles violences ont éclaté mi-septembre, chaque partie accusant l’autre d’avoir déclenché le conflit, et de tuer ses soldats dans une zone traversée par des gazoducs et des oléoducs.

La version, contestée, de l’Arménie est que les forces azéries ont aussi attaqué plusieurs villages près de la frontière entre les deux anciennes républiques soviétiques, et tué trois civils.

Le 28 septembre, le ministre azéri de la Défense a annoncé que trois de ses soldats avaient été tués dans le combat, que sept soldats du Karabakh soutenus par l’Arménie avaient aussi été tués et que beaucoup d’autres ont été blessés.

Cette affirmation a été contestée par le ministère de la Défense du Haut-Karabakh, un territoire appartenant à l’Azerbaïdjan et contrôlé par l’Arménie. Selon le ministère, plus de 10 soldats azéris ont été tués et d’autres blessés, mais le Haut-Karabakh n’aurait, selon une déclaration officielle de la région, pas accusé de perte humaine.

La Commission européenne a affirmé avoir consulté des rapports sur l’utilisation de mortiers et d’armes lourdes par les forces arméniennes et azéries dans et autour des zones civiles, à l’origine de victimes de chaque côté de la frontière internationale. L’exécutif a rappelé aux parties que les coprésidents du groupe de Minsk avaient publié une déclaration sur l’escalade inacceptable du conflit.

>> Lire : Tusk navigue entre les conflits gelés du Caucase du Sud

« Le statu quo est intenable et la résolution pacifique du conflit demeure une priorité de l’UE. Nous saluons la rencontre organisée par les coprésidents entre les ministres des Affaires étrangères d’Arménie et d’Azerbaïdjan le 27 septembre à New York », a déclaré Maja Kocijancic, porte-parole de Federica Mogherini, la chef de la diplomatie européenne.

« Nous appelons à une désescalade immédiate de la violence. Les parties devraient faire preuve de plus de retenue sur le terrain et respecter strictement le cessez-le-feu et les conventions de Genève. Nous encourageons les parties à se réengager dans des négociations de haut niveau afin de parvenir à une résolution rapide, complète et pacifique du conflit », a poursuivi Maja Kocijancic.

Depuis plus de 40 ans, le conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan pour le territoire du Haut-Karabakh – dont aucun pays ne reconnaît l’indépendance – a été une source majeure de tension dans la région stratégique du Caucase du Sud coincée entre l’Iran, la Russie et la Turquie. (Voir Contexte).

>> Lire : Paris reconnaît un regain de tension dans le Haut-Karabakh

Le conflit s’était enlisé dans une guerre sanglante au début des années 90, suite à l’effondrement de l’Union soviétique. Des séparatistes arméniens soutenus par Erevan avaient alors pris le contrôle du Karabakh et de plusieurs autres régions d’Azerbaïdjan, durant une guerre qui fit 30 000 morts.

Le 25 septembre, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a appelé les deux parties à mettre un terme à la violence.

L’Azerbaïdjan, pays riche en pétrole dont les dépenses militaires dépassent le budget total de l’État d’Arménie, a menacé de reprendre le Haut-Karabakh de force si les négociations échouaient. 

L’Arménie, soutenue militairement par la Russie, a répliqué qu’elle écraserait toute offensive.

L’Arménie a rejoint l’Union eurasiatique de la Russie. L’Azerbaïdjan n’en a pas l’intention et ne cherche pas non plus à obtenir un accord d’association avec l’UE. Bakou voudrait entretenir une relation privilégiée avec l’UE comme celle de la Corée du Sud ou de l’Australie. 

Contexte

Le Haut-Karabakh est l’un des conflits qui demeurent dans la région post-soviétique. Il s’agit d’une région enclavée dans le Caucase du Sud, officiellement située sur le territoire de l’Azerbaïdjan, mais dirigée par le gouvernement séparatiste de la République séparatiste du Haut-Karabakh, soutenu par l’Arménie.

Cette région a fait l’objet d’un conflit armé entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan entre 1988 et 1994. Un cessez-le-feu négocié par la Russie a été signé en mai 1994.

En août 2008, les États-Unis, la France et la Russie ont entamé la négociation d’un accord pour régler ce conflit, proposant un référendum sur le statut du territoire. Leurs efforts ont abouti à la signature à Moscou d’un accord entre le président arménien, Serzh Sargsyan, et son homologue azéri, Ilham Aliyev, pour la tenue de discussions en vue de trouver une solution politique.