EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

22/01/2017

La Hongrie prête à se joindre à la Slovaquie pour poursuivre l’UE

Europe de l'Est

La Hongrie prête à se joindre à la Slovaquie pour poursuivre l’UE

Victor Orbán

[EPP/Flickr]

La Hongrie a adopté une résolution réclamant à la Commission d’annuler la décision sur les réfugiés. Un texte à faible portée, qui confirme néanmoins la détermination de Budapest.

Le gouvernement hongrois songe sérieusement à rejoindre la Slovaquie dans son projet de porter plainte devant la Cour de Justice de l’Union européenne à propos des réfugiés.

Le premier ministre slovaque, Roberto Fico, membre du Parti socialiste européen, avait annoncé en octobre dernier son projet de déposer une plainte contre la décision du dernier conseil européen sur le sujet.

La décision de répartir les réfugiés actuellement présents en Italie et en Grèce dans les 26 autres pays de l’UE avait été adoptée à la majorité des États membres, après des discussions houleuses. La Slovaquie estime qu’il eut fallu prendre cette décision à l’unanimité.

Plainte slovaque

Selon une source diplomatique hongroise, Budapest songe très sérieusement à se joindre à la plainte slovaque, ou à déposer une plainte séparée auprès de la CJUE.

Les deux Etats membres doivent se décider avant le 18 décembre. La plainte ne peut en effet être déposée que dans un délai de 2 mois après la décision impliquée. Le Parti socialiste européen a de son côté menacé Roberto Fico de l’exclure si la plainte était effectivement déposée. Mais l’homme d’État pourrait passer outre, d’autant que des élections législatives doivent se tenir en Slovaquie au printemps prochain.

>>Lire : Pourquoi la Slovaquie poursuit l’UE sur le système des quotas

Le gouvernement hongrois a par ailleurs affiché sa détermination sur le sujet en tentant une autre procédure. Mardi 3 novembre, le Parlement hongrois a en effet voté à une forte majorité un texte réclamant à la Commission européenne d’annuler la décision proposée au Conseil, en raison du principe de subsidiarité.

Résolution en Hongrie

Depuis la mise en œuvre du traité de Lisbonne, les États membres peuvent en effet demander à la Commission de revenir sur une décision s’ils peuvent montrer qu’elle serait plus efficace au niveau national. Il faut pour cela qu’un tiers des États membres, soit au moins dix pays, disposent de l’accord de leur Parlement pour entamer cette procédure.

Le projet du Parlement hongrois a donc peu de chances d’aboutir. Reste que le gouvernement de Viktor Orban, fraichement réélu, a montré l’importance de sa majorité au Parlement. Le texte a en effet été adopté par 141 voix pour, avec seulement 27 voix contre et une abstention.

Le parti de droite Fidesz a reçu le soutien de l’extrême-droite Jobbik, et la chambre a largement soutenu les propos d’Antal Rogan, chef de cabinet du Premier ministre, qui présentait la résolution. « Si le calcul s’appuie sur l’arrivée de 1,2 million de réfugiés, cela voudrait dire que la Hongrie devrait accueillir 15.000 personnes par an » a précisé l’homme politique, ancien chef du parti Fidezs à l’Assemblée hongroise, selon le site du gouvernement hongrois.