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01/10/2016

La Roumanie en quête d’un gaz de schiste apparemment inexistant

Europe de l'Est

La Roumanie en quête d’un gaz de schiste apparemment inexistant

Manifestation contre le gaz de schiste en Roumanie [Shutterstock]

Les sols de la Roumanie n’enfermeraient aucune source de gaz de schiste selon premier ministre roumain. Un avis que discute le géant pétrolier américain Chevron qui a indiqué ne pas avoir fini ses études exploratoires dans le pays.

Pour certains États membres, le gaz de schiste représente le nouvel or noir et un sésame vers l’indépendance énergétique. Un Graal qui semble s’éloigner pour Bucarest.

« Il semblerait que nous n’avons pas de gaz de schiste, nous nous sommes démenés pour chercher quelque chose que nous n’avons pas », a déclaré le premier ministre roumain, Victor Ponta, à la télévision roumaine Antena 3, alors en pleine campagne pour les élections présidentielles qui auront lieu le 16 novembre.

>> Lire : Le gaz de schiste pourrait créer 60. 000 emplois au Royaume-Uni

Chevron garde espoir

Un avis que ne partage pas Chevron, la compagnie pétrolière américaine, qui a répliqué qu’elle n’avait pas terminé son évaluation des sources potentielles de gaz de schiste que contiendrait le sol roumain.

« Chevron procède à l’analyse des données collectées durant ses forages et prospections sismiques en vue de déterminer les sources potentielles de gaz de schiste », a expliqué Chevron à Reuters.

« Une fois l’analyse terminée, les résultats seront fournis à l’Agence nationale pour les ressources minérales et resteront en charge de l’État [roumain] », a assuré le géant américain.

Cent ans d’indépendance énergétique

La Roumanie est le troisième pays le plus indépendant sur le plan énergétique au sein de l’UE. À l’instar d’autres États membres, comme la Pologne, Bucarest a ouvert ses portes aux entreprises pour mener des études exploratoires et trouver du gaz de schiste, dans l’espoir de jouir d’une chute des prix de l’énergie similaire à ce que connaissent les États-Unis.

>> Lire : La Pologne milite auprès de l’UE pour exploiter le gaz de schiste

Plus tôt dans l’année, Chevron a annoncé qu’elle avait terminé son travail d’exploration dans un puits à l’est de la Roumanie près du village de Pungesti, après avoir à plusieurs reprises repoussé les opérations à cause de manifestations locales.

Chevron détient trois permis d’exploitation en Roumanie aux abords de la mer Noire, pour appuyer l’exploration d’éventuelles nouvelles ressources en gaz alternatif. Une quête qui est devenue plus pressante depuis l’éclatement du conflit ukrainien, pays par lequel la Russie fait transiter la moitié de ses exportations en gaz vers l’UE.

L’Agence américaine pour l’information sur l’énergie a estimé que la Roumanie pourrait potentiellement extraire 51 000 milliards de pieds cubes de gaz de schiste, ce qui pourrait couvrir la demande intérieure pour plus d’un siècle.

>> Lire : La découverte de gisements de gaz permet à la Roumanie de rêver à l’indépendance énergétique

Contexte

Le gaz de schiste est un carburant fossile non conventionnel qui se retrouve dans des fissures naturelles et des fractures du sol. Jusqu'à il y a peu, aucune méthode sûre pour l'acheminer vers la surface n'existait.

Le gaz de schiste est extrait de la surface grâce à la fracturation hydraulique. Ce processus consiste à briser des couches de schiste en injectant des liquides et un certain nombre d'additifs chimiques sous haute pression, ce qui libère les réserves de gaz.

 Les partisans de cette technique affirment que le gaz de schiste représente une autre solution aux énergies fossiles traditionnelles. Pour le moment, le Vieux Continent dépend de la Russie pour le gaz et les conflits entre Moscou et Kiev ont entraîné plusieurs interruptions de l'approvisionnement au cours des dernières années. 

Prochaines étapes

  • 16 Novembre : élections présidentielles en Roumanie