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25/09/2016

L’Allemagne attend des progrès sur la crise ukrainienne

Europe de l'Est

L’Allemagne attend des progrès sur la crise ukrainienne

Le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier

Une réunion des ministres des Affaires étrangères ukrainien, russe, allemand et français doit se tenir le 3 mars à Paris. Et devra permettre d’avancer sur l’application des accords de Minsk avant l’expiration des sanctions contre la Russie en juillet, espère l’Allemagne.

Le chef de la diplomatie allemande a estimé le 29 février que la crédibilité des accords de Minsk visant à ramener la paix dans l’est de l’Ukraine serait remise en cause si leur mise en œuvre ne s’accélère pas.

Lors d’une conférence de presse commune avec son homologue américain John Kerry à Washington, Frank-Walter Steinmeier a dit espérer que la réunion des ministres des Affaires étrangères ukrainien, russe, allemand et français jeudi à Paris permettra d’avancer vers la tenue d’élections.

>>Lire : L’Ukraine prête à «payer le prix» de son rapprochement avec l’UE

Le ministre allemand a déploré que le gouvernement de Kiev comme les séparatistes prorusses n’aient manifesté pour le moment qu’une volonté « très limitée » d’appliquer le volant politique des accords conclus il y a un an dans la capitale biélorusse après une médiation franco-allemande.

« Leur mise en oeuvre doit se poursuivre. La crédibilité de l’ensemble du processus en dépend », a-t-il insisté.

>>Lire : Des brèches multiples dans la trêve en Ukraine

Le gouvernement ukrainien peine à faire adopter par le Parlement une loi électorale pour les régions séparatistes de l’est du pays et les violations de plus en plus fréquentes du cessez-le-feu font craindre une reprise du conflit.

Loi électorale et sécurité du scrutin

« Si les élections doivent avoir lieu, il nous faut deux choses: d’abord une loi électorale et ensuite des conditions de sécurité qui permettent la tenue du scrutin », a souligné Frank-Walter Steinmeier. « J’espère que nous pourrons enregistrer quelques progrès jeudi », a-t-il dit.

L’Union européenne a lié la levée des sanctions économiques imposées à la Russie à la mise en oeuvre des accords de Minsk. L’Allemagne craint que si Kiev ne respecte pas sa part du contrat, la reconduction des sanctions contre Moscou pose problème lorsqu’elles expireront en juillet.

>>Lire : Paris vise une levée des sanctions contre la Russie cet été

Le premier ministre hongrois Viktor Orban, qui a rendu visite à Vladimir Poutine il y a deux semaines, s’est dit lundi opposé à une reconduction automatique des sanctions, comme cela a été le cas en janvier, et a demandé la tenue d’un « débat sérieux » à ce sujet.

La France, où le secteur agricole est très durement touché par l’embargo russe sur certains produits alimentaire, a également mentionné l’éventualité d’une levée des sanctions d’ici l’été.

Contexte

En février 2015, les dirigeants de l'Allemagne, de la France, de la Russie et de l'Ukraine ont soutenu un accord pour mettre fin aux combats dans l'est de l'Ukraine lors d’un sommet dans la capitale biélorusse, Minsk.

Dans une déclaration commune, les quatre leaders se sont engagés à respecter la souveraineté de l'Ukraine et son intégrité territoriale.

Les dirigeants occidentaux surveillent de près la mise en œuvre de l'accord de Minsk, à laquelle est conditionnée l’éventualité d’une levée des sanctions contre Moscou.

Face aux restrictions commerciales imposées par l’UE dans le cadre de la crise ukrainienne, la Russie a riposté avec un embargo sur la plupart des produits agroalimentaires européens, qui touche durement les agriculteurs européens, et français en particulier.

Prochaines étapes

  • 3 mars: réunion au format Normandie des ministres des Affaires étrangères - Paris
  • juillet 2016: les sanctions européennes contre l'économie russe arrivent à expiration