EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

24/07/2016

Le commerce entre l’UE et la Russie dégringole

Europe de l'Est

Le commerce entre l’UE et la Russie dégringole

Vladimir Poutine lors d'un sommet UE-[Parlement européen]

Nouveau signe du refroidissement des relations entre l’UE et la Russie, les échanges commerciaux entre les deux blocs ont fortement diminué au premier trimestre 2014.

Les relations commerciales entre la Russie et l’Union européenne ont souffert de la crise ukrainienne. L’importation de produits russes vers l’UE a diminué de 9 % au cours du premier trimestre de cette année par rapport à la même période en 2013.

Selon les données d’Eurostat qui seront publiées vendredi 16 mai, le volume des importations russes vers les Vingt-Huit est passé de 54,4 à 49,1 milliards d’euros entre le premier trimestre de 2013 et de 2014. À l’époque, la Croatie n’était pas encore membre de l’Union européenne, ce qui rend la chute des échanges commerciaux d’autant plus forte.

Les exportations de l’UE vers Moscou ont quant à elles enregitré une chute de 10,5 % pour la même période, soit une baisse de 28,7 à 25,6 milliards d’euros. Le déficit commercial de l’UE avec la Russie s’élève ainsi actuellement à 23,5 milliards d’euros, contre 25,7 milliards lors du premier trimestre de 2013.

La crise ukrainienne ou l’hiver doux

La crise ukrainienne joue un rôle certain dans cette détérioration des relations économiques, puisque les deux blocs cherchent à réduire leur dépendance mutuelle.

Le gaz est leur principal lien économique: l’UE importe 27 % de sa demande en gaz de la Russie, selon l’association professionnelle Eurogas. La crise ukrainienne n’a fait qu’amplifier la méfiance de Bruxelles quant à la fiabilité de la Russie comme fournisseur en énergie. Des son côté, Moscou s’est tourné vers de nouveaux clients potentiels pour écouler son gaz, comme la Chine.

L’hiver doux en Europe a permis de réduire la consommation de gaz pour le chauffage. Toutefois, février et mars ont été marqués par une vague de froid, ce qui a entraîné une montée en flèche des importations venant de Russie, malgré la dégradation de la situation en Crimée.

Les sanctions prises en mars par l’UE à l’encontre de fonctionnaires ou de citoyens russes ont sûrement accéléré la tendance. Mais de véritables sanctions économiques contre la Russie, la « phase trois », sont encore en débat.

C’est d’ailleurs cette menace, et non les mesures diplomatiques actuelles, qui provoquent le ralentissement économique en Russie. Le PIB national est en baisse, les investissements étrangers sont en berne et les capitaux sont transférés à l’étranger. Les capitalisations boursières perdent de leur valeur et les échanges commerciaux se réduisent.

Au Danemark, un pays qui ne dépend pas de Moscou pour son approvisionnement en gaz naturel, les importations de produits russes ont fortement diminué. Signe que les conditions économiques se détériorent avec Moscou. Par contre, la demande en gaz russe en Finlande, pays totalement dépendant, a augmenté lors du retour d’une vague de froid en mars.

Contexte

La crise ukrainienne a éclaté quand l'ancien président Viktor Ianoukovitch a annulé les projets de signer un accord d'association avec l'UE en novembre 2013. Or il a préféré se rapprocher de la Russie, engendrant des vagues de protestation et la destitution du chef d'État.

Moscou a annexé la Crimée en mars à la suite d'un référendum après que les troupes russes se soient emparées du pouvoir de la péninsule sur la mer Noire dans la plus grande crise opposant l’Occident à la Russie depuis la guerre froide.

Depuis lors, la tension n'a fait que grimper dans l'est et le sud de l'Ukraine. L'Union européenne a envisagé de prendre des sanctions contre la Russie immédiatement après l'invasion de la Crimée fin février. L'UE a pris à la mi-mars les premières mesures à l'encontre des personnes impliquées dans la crise de Crimée. Entre temps des menaces de sanctions économiques ont été évoquées à plusieurs reprises.

Plus d'information