Le Parlement bulgare fait tanguer les sanctions de l’UE contre la Russie

Parlement bulgare [Dnevnik]

Une majorité fragile au Parlement bulgare a rejeté l’abandon des sanctions européennes contre la Russie dans le cadre de la crise ukrainienne, évitant de justesse un désunion des Etats membres. 

Une motion visant à « reconsidérer » le soutien bulgare aux sanctions européennea été rejetée le 7 octobre avec 52 votes contre, 47 pour et 31 abstentions, a rapporté Dnevnik, partenaire d’EURACTIV en Bulgarie. 

L’enjeu du vote était de taille. Les sanctions de l’UE sont adoptées à l’unanimité par tous les États membres. Si le Parlement bulgare avait rejeté les sanctions, la position de l’UE vis-à-vis de la Russie aurait essuyé un sérieux revers.

La motion a été déposée par le Parti socialiste bulgare (BSP), la plus grande force d’opposition. Excepté les socialistes, les deux partis nationalistes, Ataka et le Front patriotique, ainsi que ABV, un parti de centre-gauche dirigé par l’ancien président, Georgi Parvanov ont également soutenu la motion. 

Le Front patriotique et ABV soutiennent le gouvernement de Boyko Borissov. Pourtant, GERB (citoyens pour le développement européen de la Bulgarie), le parti du président, et le Bloc réformiste, tous deux affiliés au PPE, ainsi que le MDL (Mouvement des droits et des libertés) principal parti des turcs affilié à l’ADLE, ont voté contre ou se sont abstenus.

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Pour Mihail Mikov, les sanctions se sont avérées inefficaces, elles ont causé du tort à la Bulgarie et devraient donc être rejetées.

Le chef de file d’Ataka, Volen Siderov, a approuvé la motion mais a reproché au parti BSP d’avoir soutenu les sanctions lorsqu’il était au pouvoir, sous la présidence de Plamen Oresharski (2013-2014).

« Vous ne pouvez pas, quand vous êtes au pouvoir, mener une politique russophobe, et maintenant vous poser comme des russophiles », a déclaré Volen Siderov aux socialistes.

Mihail Mikov a riposté en rappelant que la veille, Volen Siderov avait proposé que la Bulgarie rejoigne la coalition anti-terroriste menée par la Russie en Syrie. Selon le dirigeant socialiste, cela ne ferait que précipiter la Bulgarie, qui ne possède que deux avions de combat, dans la guerre.

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La députée Dzhema Grozdanova du parti GERB a souligné que la Bulgarie avait toujours eu une position modérée durant les discussions sur les sanctions russes. Elle a également rappelé que les sanctions seraient reconsidérées si le Conseil de l’UE décide que les accords de Minsk ont été mis en œuvre. 

Pour le député Martin Dimitrov, du Bloc réformiste, le débat n’a pas abordé la question la plus importante : pourquoi les sanctions ont-elles été imposées ? « Au 21ème siècle, les frontières de l’Ukraine ont été déplacées par la force. La Russie a commis une agression contre la Crimée. Si la Bulgarie s’opposait maintenant aux sanctions de l’UE, nous jouerions le rôle du cheval de Troie », a-t-il estimé.