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24/07/2016

Le Premier ministre bulgare dénonce le dysfonctionnement de l’État grec

Europe de l'Est

Le Premier ministre bulgare dénonce le dysfonctionnement de l’État grec

Boyko Borissov

[Commission européenne]

Exaspéré par le blocage continu de son pays par les agriculteurs grecs, le Premier ministre bulgare, Boyko Borissov a déclaré lors du sommet européen du 18 février que l’État grec ne fonctionnait plus.

Les agriculteurs grecs, protestant contre le système de retraite du Premier ministre de gauche Alexis Tsipras, bloquent la frontière séparant la Grèce et la Bulgarie depuis quelques semaines déjà.

>> Lire : La Bulgarie s’irrite du blocage de sa frontière par des agriculteurs grecs

Les relations gréco-bulgares sont d’ordinaire excellentes et cette crise montre que ce qui semble être une contestation sociale prend désormais une ampleur internationale.

Lors du sommet européen, Boyko Borissov a affirmé que les contre-blocages, organisés par les camionneurs bulgares, étaient la seule réponse efficace et que tous les autres moyens utilisés s’étaient avérés inutiles.

« Au 21ème siècle, on pourrait penser que ces moyens sont efficaces, dans un État qui fonctionne normalement. Malheureusement, ce n’est pas le cas de la Grèce », a-t-il asséné.

Le Premier ministre a expliqué avoir appelé son homologue grec, Alexis Tsipras, à deux reprises, en vain. « Je l’ai appelé deux fois, à ce propos. Quand le ministre de l’Intérieur, le ministre des Affaires étrangères et le ministre des Transports appellent pour la même chose et qu’ils n’envoient pas la police ou la gendarmerie pour dégager la route, ce qu’ils auraient du faire il y a déjà un mois, que pouvons-nous faire de plus ? ».

Boyko Borissov a également déclaré que la Commission européenne essayait d’apporter son aide, mais que le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, lui avait dit « Boyko, désolé, mais je n’ai aucun contrôle sur la situation ».

Il a également assuré que les agriculteurs furieux devaient protester d’une autre manière, sans prendre en otage les personnes traversant la frontière bulgare.

« Fermez vos ports, fermez-les dans votre pays. Pourquoi torturer les Bulgares ? Et ils le font exprès, alors même que je refuse de l’argent pour ériger une clôture à la frontière grecque », a déclaré Boyko Borissov.

En effet, le Premier ministre bulgare a reçu une telle proposition du groupe de Visegrád afin de bloquer les immigrants à la frontière gréco-bulgare, ce qu’il a refusé.

>> Lire : Les pays de Visegrád veulent revoir les frontières de l’UE

« J’ai refusé l’aide de mes homologues pour démontrer ma loyauté à mes voisins », a-t-il déclaré. « L’Europe nous écoute et nous comprend, et les institutions qui fonctionnent normalement se tournent vers le gouvernement grec, qui assure que, malheureusement, il n’a pas le contrôle de la situation. »