EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

30/09/2016

Sans Londres, la ligne dure de l’UE face à la Russie pourrait s’émousser

Europe de l'Est

Sans Londres, la ligne dure de l’UE face à la Russie pourrait s’émousser

La Lituanie, qui comptait sur le Royaume-Uni pour défendre une ligne dure de l’UE face à la Russie, espère que Bruxelles conservera le plus de liens possible avec Londres après le vote du Brexit.

« Nous voulons sauver ce qui peut encore l’être », a expliqué le ministre des affaires étrangères lituanien, Linas Linkevičius, aux journalistes aux Nations unies.

Le ministre pense qu’il y a un véritable besoin de « clarté » après la décision de la Grande-Bretagne de quitter l’UE. La Lituanie n’est pourtant « pas pressée d’expulser la Grande-Bretagne. »

La France et l’Italie, ainsi que la Commission européenne, ont sommé la Grande-Bretagne de rapidement se diriger vers la sortie alors que l’Allemagne, et d’autres États membres ont adopté une ligne de conduite plus prudente.

>> Lire : Bruxelles hausse sérieusement le ton envers Londres

Le ministre des affaires étrangères tchèque, Lubomír Zaorálek, a quant à lui appelé le président de la Commission Jean-Claude Juncker à démissionner. Selon lui, une personne au sein des institutions de l’Union européenne doit assumer la « responsabilité » des résultats du référendum en Grande-Bretagne.

>> Lire : La pression monte sur la Commission Juncker

Linas Linkevičius craint par ailleurs que les positions les plus tranchées concernant la Russie ne s’affaiblissent.

Un commentaire qui survient alors que les dirigeants européens se rencontrent cette semaine pour discuter du renouvellement des sanctions imposées à la Russie suite à l’annexion de la Crimée et de l’envoi de troupes pour soutenir les séparatistes dans l’est de l’Ukraine.

La France et l’Allemagne exigent un changement d’’approche avec la Russie, mais le Royaume-Uni maintient une ligne de conduite sévère, soutenant qu’il ne devrait pas y avoir de relâche tant qu’aucun progrès n’est visible dans le conflit avec l’Ukraine.

>> Lire : L’Allemagne tente discrètement de se rapprocher de la Russie

Le ministre lituanien critique les États qui préconisent « une approche plus pragmatique et flexible » qu’il juge « contre-productive » et estime qu’il faut répondre à l’absence de réaction de la Russie par « des sanctions supplémentaires ».

>> Lire : Une rencontre Juncker Poutine sous haute tension

Linas Linkevičius a déclaré avoir échangé sur le vote britannique avec ses collègues baltes et scandinaves, qui étaient tous d’accord sur la nécessité d’une « procédure à l’amiable » pour la définition des nouvelles relations.

Il a décrit la Grande-Bretagne comme un « allié stratégique » dans les progrès pour la sécurité, les droits de l’Homme et la démocratie en Europe.

Jarosław Kaczyński, homme politique polonais de droite, a affirmé le 27 juin qu’il aimerait qu’un second référendum sur l’appartenance de la Grande-Bretagne à l’UE ait lieu.