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24/01/2017

Moscou regrette l’absence de l’UE aux célébrations du 9 mai

Europe de l'Est

Moscou regrette l’absence de l’UE aux célébrations du 9 mai

La parade célébrant le jour de la Victoire sur la Place Rouge en mai 1945.

L’ambassadeur russe a accusé les dirigeants ayant décliné l’invitation aux commémorations de la Seconde Guerre mondiale à Moscou d’offenser la Russie, pays qui a, selon lui, fait le plus grand sacrifice dans la lutte contre les Nazis

Le 9 mai, Moscou organise des commémorations sans précédent pour marquer le 70ème anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. La grande majorité des chefs d’État et de gouvernement de l’UE ont cependant choisi de décliner l’invitation en raison du conflit en Ukraine, largement alimenté par la Russie. Les déclarations de Vladimir Chizhov, ambassadeur de la Russie auprès de l’Europe, semblent vouloir faire passer un message à ces dirigeants européens.

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Dans tous les pays post-soviétiques, le 9 mai, le « Jour de la Victoire », est considéré comme marquant la fin de la Seconde Guerre mondiale, appelée en Russie la « Grande Guerre patriotique ». Cette guerre a fait 27 millions de morts en URSS, souligne l’ambassadeur russe auprès de l’UE.

La capitulation de l’Allemagne nazie a eu lieu le 8 mai 1945, mais a été annoncée en URSS le jour suivant, le 9 mai. C’est pourquoi les États post-soviétiques célèbrent la fin de la guerre un jour après les pays d’Europe occidentale.

Selon Vladimir Chizhov, le nombre de civils tués pendant le siège de Leningrad, entre septembre 1941 et janvier 1944, dépasse à lui seul le nombre total de soldats américains et britanniques tombés pendant toute la guerre. Pourtant, regrette-t-il, la plupart des étudiants occidentaux n’ont pas conscience de l’engagement russe.

L’ambassadeur a salué la coopération des Alliés pendant la guerre, la qualifiant d’exemple réussi d’alliance et de partenariat entre des pays très différents mais qui ont combattu ensemble « le plus grand mal de ce temps ». Il en a profité pour souligner l’absence d’une telle coopération contre l’État islamique à l’heure actuelle.

« Si une telle alliance a pu exister à l’époque, pourquoi ne pourrait-elle pas exister aujourd’hui ?», a-t-il demandé, ajoutant que l’Occident n’avait pas tiré les leçons de la Guerre froide.

Vladimir Chizhov a indiqué que cinq dirigeants de l’UE seraient présents : le Premier ministre slovaque, Robert Fico, le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, le Premier ministre chypriote, Nikos Anastasiades, et le président de la République tchèque, Milos Zeman.

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Au total, plus de 20 chefs d’État et de gouvernement ont confirmé leur participation aux commémorations.

« Je trouve que ce n’est pas une occasion adéquate pour envoyer un message politique », a-t-il dénoncé, en référence aux dirigeants européens qui seraient absents le 9 mai.

Cette déclaration est-elle une menace, s’est enquit EurActiv ? « Ce n’est certainement pas une menace. C’est un rappel. Il existe des occasions solennelles dans notre vie qui ne devraient pas être politisées », a répondu le diplomate.

L’Armée Rouge a en effet été essentielle à la défaite d’Hitler. En rendant hommage à l’engagement de l’URSS, les dirigeants européens craignent néanmoins d’avoir l’air de rendre hommage à la même force militaire qui tue des Ukrainiens, directement ou indirectement, et qui a annexé la Crimée, en violation du droit international.

Vladimir Chizhov a nié sans faiblir que la Russie n’avait rien à voir avec la guerre non déclarée qui se déroule dans l’est de l’Ukraine. Cette fois, il a décrit l’annexion de la Crimée comme une opération permettant d’offrir un « environnement sûr » aux habitants de la péninsule qui, selon lui, souhaitent la réunification avec la Russie, à un moment où des « trains entiers de nationalistes ukrainiens » menaçaient de commettre des « massacres ».

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