Paris reconnaît un regain de tension dans le Haut-Karabakh

Hollande and Aliyev in Baku. [Elysée]

Alors que les incidents reprennent dans la région disputée du Haut-Karabakh, le président français, François Hollande, a rencontré ses homologues arménien et azéri, Serzh Sargsyan et Ilham Aliyev.

François Hollande était en visite en Arménie à l’occasion du centenaire du génocide arménien, le 24 avril, et s’est rendu en Azerbaïdjan le lendemain.

Les communiqués officiels s’avèrent elliptiques quant aux sujets abordés, mais, à Baku, les présidents français et azéri ont néanmoins discuté de l’état des négociations de résolution du conflit territorial du Haut-Karabakh entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie. Ilham Aliyev aurait exprimé sa satisfaction quant aux efforts déployés par François Hollande pour régler la situation.

Le 27 octobre 2014, la France avait en effet accueilli une rencontre entre les présidents arménien et azéri, après avoir organisé d’autres rencontres entre représentants des deux pays.

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Selon le ministère français des Affaires étrangères, cette rencontre avait abouti à un accord sur l’échange d’informations à propos des personnes disparues pendant le conflit, dont les premières phases ont déjà été appliquées. Ce sommet avait également contribué aux négociations avec le groupe de Minsk sur la base des principes de Madrid : le non-recours à la force, le respect de l’intégrité territoriale des États et le droit à l’autodétermination des peuples.

Le lundi 27 avril, un diplomate français a assuré à EURACTIV que « les tensions croissantes de ces derniers mois confirment la nécessité absolue d’appliquer ces principes ».

Le même jour, le ministère de la Défense azéri a indiqué que les forces armées arméniennes continuaient de violer le cessez-le-feu.

Des soldats azéris ont essuyé des tirs provenant des environs des villages de Goyarkh, dans le district de Terter, de Kuropatkino, dans le district de Khojavend, et d’Ashagi Seyidahmadli, dans le district de Fizuli.

D’autres tirs provenant des districts de Fizuli et de Jabrayil ont été enregistrés.

Selon l’Azerbaïdjan, ces tirs ont cessé après la riposte azérie.

Un analyste de la Royal Bank of Scotland a expliqué à Bloomberg que les élections prévues pour le 3 mai dans le Haut-Karabakh entraîneraient sans doute davantage d’incidents et une confrontation plus généralisée.

L’exécutif européen est conscient des incidents et du fait que les deux camps déplorent régulièrement des victimes, a indiqué Maja Kocijancic, porte-parole de la Commission.

« Le statu quo est intenable »

Maja Kocijancic a rappelé la position de l’UE, qui promeut une résolution pacifique des conflits, conformément au droit international, et l’organisation de négociations adéquates.

« Sans solution durable au conflit du Haut-Karabakh, il n’y aura pas de stabilité dans le Caucase du Sud. Le statu quo est intenable, il faut une solution politique. Les violences sur le terrain et les discours agressifs ne contribuent pas à la paix. L’UE a régulièrement appelé les deux parties à faire preuve de retenue, dans les actes et dans la parole, afin de créer un environnement propice au progrès du processus de paix encouragé par le groupe de Minsk », souligne la porte-parole.

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Contexte

Le Haut-Karabakh est l'un des derniers conflits qui demeurent dans la région post-soviétique. Il s'agit d'une région enclavée dans le Caucase du Sud, officiellement située sur le territoire de l'Azerbaïdjan, mais dirigée par le gouvernement séparatiste de la République séparatiste du Haut-Karabakh, soutenu par l'Arménie.

Cette région a fait l'objet d'un conflit armé entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan entre 1988 et 1994. Un cessez-le-feu négocié par la Russie a été signé en mai 1994.

En août 2008, les États-Unis, la France et la Russie ont entamé la négociation d'un accord pour régler ce conflit, proposant un référendum sur le statut du territoire. Leurs efforts ont abouti à la signature à Moscou d'un accord entre le président arménien, Serzh Sargsyan, et son homologue azéri, Ilham Aliyev, pour la tenue de discussions en vue de trouver une solution politique.