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11/12/2016

Dacian Ciolos sur la sellette à l’approche des élections roumaines

Europe de l'Est

Dacian Ciolos sur la sellette à l’approche des élections roumaines

Le gouvernement roumain a annoncé que les élections parlementaires auront lieu le 11 décembre et qu’il veut faciliter les procédures pour les Roumains expatriés.

Le Premier ministre, Dacian Cioloș, à la tête de la technocratie roumaine, a déclaré le 31 août que le gouvernement permettrait à l’avenir aux citoyens de voter par la poste ou par voie électronique. Il y aura également des bureaux de vote à l’étranger.

Goulots d’étranglement pendant les élections

Pour les élections présidentielles en 2014, en Roumanie comme à l’étranger, les citoyens ont dû faire la queue pendant des heures avant d’accéder à l’isoloir. Nombre d’entre eux n’ont finalement pas pu voter. Des milliers de Roumains résidant au Royaume-Uni, en France, en Allemagne, en Autriche, en Espagne, en Italie, et même aux États-Unis n’ont ainsi pas pu s’exprimer par les urnes suite à des problèmes d’organisation ou d’ordre logistique.

La prolongation de la session de vote exigée par les électeurs dans les ambassades et consulats à l’étranger n’a pas été accordée. C’est à Paris que les tensions les plus vives se sont fait sentir. La police avait en effet dû intervenir après que quelque 2 000 Roumains ont investi l’ambassade en réclamant de pouvoir voter.

>> Lire : Les irrégularités des élections en Roumanie menacent le second tour

Après une période estivale relativement calme, les partis principaux reviennent avec une campagne plus frappante en amont des élections parlementaires de décembre, selon l’expert politique Radu Magdin.

La Roumanie espère une majorité parlementaire solide pour assurer la continuité de la croissance économique. De ce point de vue, le pays est en tête à l’échelle européenne, a affirmé Radu Magdin, avec une croissance de 6 % au deuxième trimestre 2016. En outre, le pays doit se stabiliser à l’approche de deux dates majeures : le centième anniversaire de l’unification de la « Grande Roumanie », l’annexion des territoires de Bessarabie, la Bucovine et la Transylvanie après la Première Guerre mondiale, et la première présidence européenne du pays, au premier semestre 2019.

Les principaux acteurs

L’expert politique a également expliqué que le président roumain, Klaus Iohannis, était en train de perdre en popularité. Tant ses partisans que ses rivaux considèrent qu’il est inactif. Il n’utilise par ailleurs pas son pouvoir institutionnel comme le faisait l’ancien président Traian Basescu.

Le Premier ministre, Dacian Cioloș, à la tête d’un gouvernement technocrate depuis décembre 2015, est toujours considéré comme un dirigeant satisfaisant, et il envisage de s’affilier à un parti politique, probablement le parti conservateur PNL.

Les dirigeants du PNL lui font en effet une cour assidue, notamment Alina Gorghiu, considérée comme remplaçante crédible de Klaus Iohannis. Bien que le gouvernement ait connu quelques victoires, en particulier en réduisant la charge administrative et en luttant contre la bureaucratie roumaine, les Roumains ont le sentiment qu’il manque de courage politique.

>> Lire : L’ancien commissaire Dacian Ciolos va devenir Premier ministre de la Roumanie

Radu Magdin a ajouté que le parti social-démocrate (PSD) s’est imposé comme parti d’opposition et a qualifié, à plusieurs reprises, le gouvernement Cioloș de « gouvernement zéro », en particulier après les controverses autour de l’absorption de fonds européens. Le dirigeant du PSD, Liviu Dragnea, n’a pas de rival dans le PNL.

Le PNL, principal parti de droite, et notamment sa direction , connaît des problèmes majeurs.  En effet, les présidents Alina Gorghiu et Vasile Blaga n’ont pas la capacité de soulever les foules, le parti manque de cohésion interne et d’une stratégie politique définie. Ainsi, il n’est arrivé qu’en troisième position lors des élections municipales dans la capitale en juin.

Il faut également prendre en compte la montée en puissance d’un mouvement de nationalisme politique et économique, dont le discours habituel consiste à souligner que, 26 ans après la révolution de 1989, « plus rien ne nous appartient », « notre économie est en ruine ». Un discours efficace, malgré les faits qui prouvent le contraire.

La possibilité d’une coalition 

Le scénario le plus réaliste pour ces élections comprendrait une majorité pour le PSD. L’actuel vice-Premier ministre, Vasile Dancu, ou l’ambassadeur roumain aux États-Unis pourraient reprendre le poste de Premier ministre. Une autre possibilité serait que le PNL obtienne la majorité. Dans un troisième cas de figure, le PSD et le PNL formeraient une grande coalition, avec Vasile Dancu ou Dacian Cioloș comme Premier ministre.

D’un point de vue historique, les grandes coalitions se sont toujours révélées difficiles à gérer en Roumanie. Les expériences antécédentes, en 2009 et en 2013, ont abouti sur un échec au bout d’un ou deux ans, a souligné Radu Magdin.