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20/01/2017

Assurance-chômage: la France est-elle vraiment plus généreuse que les autres?

Europe sociale & Emploi

Assurance-chômage: la France est-elle vraiment plus généreuse que les autres?

Il ne fait pas bon être chômeur en France.

[perfectlab/Shutterstock]

Dans une étude publiée ce mercredi, le Trésor compare les systèmes d’assurance-chômage de seize pays européens. Le Luxembourg, le Danemark, la Suisse et Finlande sont plus généreux que la France. Notamment. Un article de notre partenaire, La Tribune.

Alors que les partenaires sociaux ne parviennent toujours pas à s’entendre sur la prochaine convention d’assurance-chômage, la direction du Trésor dévoile ce mercredi une étude qui pourrait alimenter le débat sur le coût et la générosité de notre système de protection des demandeurs d’emplois. Un thème de campagne idéal pour les candidats à l’élection présidentielle.

Principal enseignement de cette étude qui compare, dans seize pays européens, les revenus de remplacement accordés aux chômeurs : en 2014, « en moyenne, la France ne se singularise pas dans le paysage européen ». Cette étude ne s’est pas bornée aux seules allocations chômage et tient compte des autres allocations (logement, familiales…) et réductions d’impôt, dont bénéficient spécifiquement les demandeurs d’emploi dans certains pays.

Comme le rappelle Trésor, les demandeurs d’emplois français bénéficient, en début d’indemnisation, d’un taux de remplacement net moyen (après cotisations et impôts) de 67% par rapport à leur ancien salaire. Ce niveau est comparable à celui de la Belgique (68%), l’Allemagne (67%), l’Irlande (67%), la Norvège et l’Italie (66%) et légèrement inférieur à la moyenne des pays testés (69%).

C’est nettement moins qu’au Luxembourg (87%), au Danemark (84%), en Suisse (77%), en Finlande (76%), au Portugal (74%) et aux Pays-Bas (71%). Seuls l’Autriche (64%), l’Espagne (61%), la Suède (56%) et le Royaume-Uni (54%) sont moins généreux que la France.

En revanche, le système français est le pays le plus généreux pour les chômeurs qui ont perdu un salaire élevé, au moins supérieur à deux fois le salaire moyen. Leur taux de remplacement net est en moyenne de 68% en début d’indemnisation, soit 20 points de plus que le taux moyen de l’échantillon (48%).

>> Lire : Des eurodéputés pressent l’UE d’accélérer la lutte contre le chômage des jeunes

Des circuits de financement différents

La France se distingue également sur un autre point : le financement. En France, le revenu de remplacement des demandeurs d’emploi provient principalement des allocations chômage, contrairement à d’autres pays, où il est principalement lié à d’autres transferts sociaux ou à des baisses d’impôts. En Allemagne, ce sont surtout les exonérations d’impôts qui contribuent à accroître le revenu des demandeurs d’emploi. Au Royaume-Uni, les autres aides, notamment familiales, sont prépondérantes.

En outre, en France, au bout de deux ans d’indemnisation, quand beaucoup de demandeurs d’emplois arrivent en fin de droits, « le taux de remplacement net chute fortement », constate le Trésor qui cite le cas d’un couple avec deux enfants, dont un seul membre travaille. « Pour un revenu égal au salaire moyen, le taux passe à environ 55%, un niveau très en-dessous de ce qui est observé dans la majeure partie des autres pays ».

>> Lire : Chômage: l’Allemagne et la Grande-Bretagne font-elles vraiment mieux?

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