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28/09/2016

Bruxelles s’interroge sur l’inefficacité des dépenses publiques françaises

Europe sociale & Emploi

Bruxelles s’interroge sur l’inefficacité des dépenses publiques françaises

Jyrki Katainen se présente comme le M. compétitivité de la Commission. [European Commission]

Le principal défi de la France demeure celui de la compétitivité selon le commissaire Jyrki Katainen. La Commission espère de nouvelles réformes avant la fin du mandat de François Hollande.

La France va devoir poursuivre ses efforts en matière de compétitivité et d’efficacité des dépenses publiques, a averti le  vice-président de la Commission européenne en charge des affaires économiques et monétaires, Jyrki Katainen.

De passage à Paris pour présenter aux sénateurs français les avancées du plan Juncker pour l’investissement,  le commissaire finlandais en a profité pour rappeler ses attentes en matière de compétitivité.

« Je suis responsable de la compétitivité des pays » a-t-il expliqué aux sénateurs. Maintenant que le déficit français est en passe d’être ramené sous la barre des 3%, le nouveau chantier que  Bruxelles souhaite voir la France avancer sur l’efficacité des dépenses publiques.

>>Lire : La France dépasse son objectif en matière de déficit public

« La France pourrait peut-être changer les priorités de ses dépenses publiques » a-t-il expliqué lors d’un point presse, le 7 avril. « L’efficacité des dépenses publiques en France est plus basse que la moyenne européenne » a-t-il pointé du doigt, estimant que la France « pouvait en améliorer l’efficacité  ».

Éducation et retraite

Dans son rapport 2016 sur les déséquilibres macroéconomiques de la France publié le 26 février, la Commission pointait en effet les lacunes du pays en matière d’efficience de la dépense publique.

Sur le front de l’éducation par exemple, les dépenses par élève de l’enseignement primaire en France  sont inférieures de 15 % à la moyenne de l’OCDE.

Un choix qui ne semble pas stratégique au commissaire finlandais, puisque l’éducation des jeunes enfants constitue un des maillons les plus rentables de la chaîne d’apprentissage.

Autres lacunes, les dépenses liées au système de santé. « Le système de santé fonctionne bien en comparaison des autres pays européens, mais certains pays parviennent aux mêmes résultats à un coût moindre » souligne le rapport.

Réformes

« Si la Commission n’a pas beaucoup de pouvoir en matière de politiques sociales, nous pouvons néanmoins allouer des ressources et aider les États membres à réformer leur structure dans l’éducation, mais aussi en matière de politique d’emploi pour être de manière générale plus efficace » a rappelé le commissaire.

Bruxelles espère d’ailleurs de nouvelles réformes de la part du gouvernement français sur le front de la compétitivité, notamment en matière de réduction des freins réglementaires à l’investissement, avant la fin du mandat du président François Hollande en 2018.

>>Lire : La Commission européenne se réjouit de la loi El Khomri

« Selon l’évaluation de la Commission, il y a déjà quelques réformes qui ont eu un impact positif sur l’économie française » a cependant rappelé le commissaire, citant notamment les accord avec les partenaires sociaux, ainsi que le renforcement des compétences des autorités locales.