EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

05/12/2016

La pauvreté des enfants s’accentue en Allemagne

Europe sociale & Emploi

La pauvreté des enfants s’accentue en Allemagne

img-9048

Malgré la situation économique florissante de l’Allemagne, de plus en plus d’enfants vivent dans la pauvreté, selon une étude de la fondation Bertelsmann. Un article d’EurActiv Allemagne.

En Allemagne, les régions, les communes et les assurances sociales ont encaissé 18,5 milliards d’euros de surplus au premier semestre 2016. Selon l’agence fédérale de statistiques, l’Allemagne n’a pas connu d’excédent aussi important depuis sa réunification.

Néanmoins, beaucoup d’enfants n’en bénéficient pas. Au contraire, la pauvreté chez les enfants augmente et peut déjà être considéré comme un phénomène de masse. En 2015, plus de 1,9 millions de jeunes âgés de moins de 18 ans vivaient dans un foyer bénéficiant d’allocations chômage, soit 14,7 % de tous les enfants et 52 000 de plus qu’en 2014, selon les nouvelles statistiques de l’agence fédérale de l’emploi, évaluées par la fondation Bertelsmann dans une étude.

Selon les associations humanitaires, si les études prenaient en compte les enfants dont les parents gagnent moins de 60 % du salaire moyen, 3 millions d’enfants seraient considérés comme pauvre dans le pays qui a pourtant un PIB de plus de 3 milliards d’euros, se plaçant devant la Grande-Bretagne et la France parmi les pays européens.

>> Lire : La pauvreté infantile s’envole en Europe depuis 2008

Les enfants vivant avec un seul parent ou avec des frères et sœurs sont souvent touchés plus sévèrement. De tous les enfants bénéficiant des aides sociales de l’État, la moitié vit dans une famille monoparentale et 36 % vivent dans des familles de trois enfants ou plus.

Une autre étude de la fondation Bertelsmann en collaboration avec l’institut d’études sociales montre les conséquences dramatiques : les enfants pauvres sont plus fréquemment isolés socialement, manquent de matériel et sont en moins bonne santé, ils ne peuvent pas se payer les transports et les activités extrascolaires et les vacances représentent un luxe. D’ailleurs, leur parcours scolaire est largement plus difficile.

Or, l’étude montre aussi que les experts ne se penchent pas suffisamment sur la question. Il n’y a pas de « travail systématique et scientifique sur les conséquences et l’impact de la pauvreté sur les enfants ».

Jörg Dräger, dirigeant de la fondation Bertelsmann a averti que « les enfants vivant dans la pauvreté ne peuvent pas améliorer leur situation seuls. C’est pourquoi l’État a une responsabilité toute particulière dans ce cas de figure ».

>> Lire : Le salaire minimum s’avère impuissant face à un niveau de pauvreté record en Allemagne

Plus d'information