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19/01/2017

Un vote anti-travailleurs frontalier en Suisse tend les relations avec l’UE

Europe sociale & Emploi

Un vote anti-travailleurs frontalier en Suisse tend les relations avec l’UE

Un canton suisse italophone a voté en faveur d’un durcissement des contrôles des travailleurs étrangers. Une décision qui fragilise encore un peu plus l’accord sur la libre circulation des personnes entre l’UE et la Suisse.

La libre-circulation des travailleurs a une nouvelle fois été rejetée par les électeurs suisses lors d’un référendum dans le canton du Tessin le 25 septembre.  

Ce référendum donnait le choix aux électeurs de prioriser les travailleurs locaux par rapport aux étrangers « avec les mêmes qualifications professionnelles ».La campagne lancée par l’Union démocratique du centre (SVP) suisse a convaincu 58 % des électeurs avant ce canton situé à la frontière italienne.

Bien que les référendums aient force de loi en Suisse, ce vote pourrait être simplement symbolique, dans la mesure où le gouvernement cantonal n’a pas les pouvoirs nécessaires pour faire appliquer cette politique.

Relations « en danger »

Les travailleurs étrangers employés dans le canton du Tessin sont essentiellement italiens. Le ministre des Affaires étrangères italien, Paolo Gentiloni, a publié sur Twitter le 26 septembre que ce vote n’avait pas de « conséquence tangible » pour l’instant. Il a néanmoins souligné que si la libre circulation des personnes cessait, les relations entre la Suisse et l’UE seraient « en danger ».

Berne et Bruxelles sont toujours à couteaux tirés concernant l’application du référendum suisse sur les quotas d’immigrants ayant eu lieu en 2014, qui enfreindrait un pacte bilatéral garantissant la libre circulation des travailleurs européens. Si la Suisse met en place des quotas pour l’immigration unilatéralement, l’UE serait en droit de mettre fin aux accords bilatéraux en vigueur.

Le 19 septembre, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker a rejoint le président suisse, Johann Schneider, à Zurich, pour trouver un terrain d’entente.

La Commission regrette les résultats du dernier référendum. Le porte-parole de la Commission, Margaritis Shinas, invité à commenter ce vote a déclaré que le référendum du Tessin « ne facilitera les discussions déjà tendues entre l’UE et la Suisse sur la libre circulation ».

Négociation

« Nous prenons note des résultats annoncés hier [25 septembre] dans le Tessin, qui doit encore être approuvé par le gouvernement fédéral », a-t-il ajouté. L’UE et la Suisse ont eu des échanges intenses pendant des mois pour trouver une solution pour respecter la volonté de la population suisse sur la libre circulation, tout en tenant les obligations de l’accord passé avec le bloc.

Margaritis Schinas a annoncé qu’à la suite de la visite du président de la Commission à Zurich, les deux parties s’étaient accordées pour poursuivre leurs efforts pour trouver une solution acceptable et se rencontrer à nouveau fin octobre.

« Ce sera une nouvelle étape, et une autre occasion pour se pencher sur le vote d’hier [25 septembre] et les conséquences possibles », a annoncé le porte-parole.