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31/08/2016

Contre le chômage, la Commission prône l’ouverture du marché du travail

Europe sociale & Emploi

Contre le chômage, la Commission prône l’ouverture du marché du travail

Un rapport de la Commission européenne sur l’emploi et les politiques sociales montre que les pays dont le marché du travail a été réformé ont mieux résisté à la crise. Le chômage atteint 11,4 % de la population active en zone euro.

Un nouveau rapport de la Commission sur le marché du travail se penche sur les leçons à tirer de la crise économique.

L’une des hypothèses des auteurs est que l’emploi et les revenus de la population ont été moins touchés dans les pays dont les marchés du travail sont plus ouverts et qui ont davantage investi dans la formation continue.

« Ce rapport nous aide à tirer des leçons du passé, a déclaré Marianne Thyssen, commissaire à l’emploi, aux affaires sociales, aux compétences et à la mobilité des travailleurs, lors d’une conférence de presse à Bruxelles.

« Il montre bien que certains États membres ont bien mieux résisté au choc économique que d’autres. Certains ont des marchés du travail plus ouverts et moins segmentés, comme le Danemark, l’Autriche, la Suède et les Pays-Bas, ce sont les pays qui ont été le moins touchés par la crise. Ces pays font également un très bon usage de la formation continue. En général, les indemnités de chômage sont facilement accessibles dans ces pays, et s’adaptent aux conditions économiques », indique la commissaire belge.

>> Lire : Les Pays-Bas s’ouvrent aux travailleurs d’Europe de l’Est

Marianne Thyssen estime que la création d’emploi nécessite des réformes structurelles, comme la réduction des coûts salariaux pour les travailleurs peu qualifiés et les jeunes.

Ces « investissements sociaux » sont également bénéfiques dans le cas de ralentissement de l’économie, parce qu’ils permettent aux habitants d’atteindre tout leur potentiel et garantissent une protection adéquate tout au long de leur vie, souligne-t-elle. Dans les pays ayant investi dans l’éducation préscolaire, comme Malte ou les Pays-Bas, le taux d’emploi a augmenté de manière significative.

Selon Eurostat, le bureau de statistique de l’UE, le taux de chômage corrigé des variations saisonnières de la zone euro était de 11,5 % en novembre 2014, un taux similaire à celui du mois précédent, mais qui représente une baisse par rapport à novembre 2013.

Dans l’ensemble, le taux de chômage dans les 28 États membres a atteint 10 % en novembre 2014. Ce taux représentait 10,7 % en novembre 2013 et 10.1 % en octobre 2014. Le chômage des jeunes a atteint 21,9 % dans l’UE et 23,7 % dans la zone euro, une amélioration par rapport aux taux de novembre 2013, respectivement de 23,2 et 23,9 %. Dans l’UE, 5,1 millions de jeunes de moins de 25 ans sont au chômage, dont 3,4 millions vivent dans la zone euro.

Cette année, afin de lutter contre le chômage, la Commission mettra deux instruments en œuvre : le plan d’investissement pour les jeunes et le « plan Juncker », qui devrait permettre de mobiliser 315 milliards d’euros. Celui-ci permet d’allouer des fonds à des domaines stratégiques, comme l’éducation, la recherche et l’innovation, ou encore de fournir un financement des risques aux petites et moyennes entreprises.

>> Lire : La Commission dévoile son plan d’investissement de 315 milliards d’euros

Contexte

Le 13 janvier, deux mois après le lancement de son plan d'investissement de 315 milliards d'euros, la Commission européenne a présenté le fonctionnement d'un fonds censé relancer l'économie européenne tout en laissant plus de marge budgétaire aux États qui investissent et mettent en place des réformes structurelles.

Le Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS) sera créé grâce à une collaboration étroite avec la Banque européenne d'investissement, dont les représentants feront partie d'un nouveau comité de direction, qui déterminera l'orientation générale et les lignes directrices des investissements. Un comité d'investissement, formé d'experts indépendants, travaillera sous l'égide du comité de direction et approuvera les projets spécifiques. 

Prochaines étapes

  • Fin 2015 : La Commission adoptera le paquet pour la mobilité des travailleurs.

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