Erasmus + patine auprès des apprentis

EU gibt grünes Licht für Einreiseerleichterungen für Studenten und junge Forscher aus Drittstaaten

5000 apprentis ont utilisé Erasmus +, contre 3 millions d’étudiants. France et Allemagne tentent de relancer le dispositif.  

Réussite incontestable pour les étudiants, le programme d’échange Erasmus + a depuis 2013 été élargi aux apprentis. Mais dans la pratique, peu d’entre eux profitent du dispositif.

« Le programme a déjà profité à 5000 apprentis, certaines entreprises connaissent déjà le dispositif » rappelle Antoine Godbert, directeur de l’agence Erasmus +. Mais les chiffres restent faibles au regard des 3 millions d’étudiants qui ont profité d’un échange depuis le lancement du système.

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Pour accélérer l’ouverture d’Erasmus + aux filières professionnelle et d’apprentissage, la France et l’Allemagne ont lancé un dispositif pilote. Visant une cinquantaine d’apprentis en formation dans 11 grandes entreprises françaises, le projet espère améliorer les échanges des filières professionnelles.

Et surtout identifier les bonnes pratiques pour permettre de l’élargir ensuite à davantage d’entreprises et de pays. Pour l’heure, seules des grandes entreprises telles que Michelin, BASF ou L’Oréal, qui possède des filiales importantes dans les deux pays, se sont associés à l’initiative.

Succès pour les étudiants

« Il n’y a aucune raison pour qu’Erasmus +, qui est un succès pour les étudiants ne puisse pas l’être pour les apprentis » a affirmé Harlem Désir, le secrétaire d’État français aux Affaires étrangères.

« Ça fait longtemps que l’on parle de ce projet » a reconnu le secrétaire d’État. En effet, dès novembre 2013, le dispositif d’Erasmus a été élargi aux filières professionnelles. Et renommé Erasmus +.

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Cet élargissement a été assorti d’une hausse de budget de 40 % faisant grimper les financements disponibles pour les bourses et autres dispositifs d’aide à la mobilité à environ 14,7 milliards d’euros pour la période 2014-2020.

Doté de ce nouveau budget, le programme d’échange devrait profiter d’ici 2020 à 4 millions de jeunes européens âgés de 13 à 30, dont les apprentis.

« Élargir les publics qui ont accès à la mobilité c’est important » explique Béatrice Angrand, secrétaire générale de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ). Partenaire de l’initiative, l’OFAJ va fournir des bouses aux apprentis qui se rendront en Allemagne, ainsi que des formations linguistiques e un séminaire de préparation.

Nombreux freins

Dans les faits, les freins sont toutefois nombreux. « Il y a des obstacles qu’il ne faut pas nier » a indiqué Harlem Désir.   

« Dans mon entreprise, lorsque j’ai proposé le programme pour les apprentis, on m’a répondu c’est bien mais c’est impossible » explique Loïc Armand, le président de L’Oréal France et vice-président du pôle Europe du Medef.

L’absence d’harmonisation européenne des formations professionnelles constitue un premier frein. Pour l’enseignement supérieur, le processus de Bologne a permis la mise en place du système des crédits ECTS qui permet une équivalence des diplômes de licence de master et de doctorat et une meilleure mobilité.

Mais les formations professionnelles sont loin d’être aussi harmonisées : reconnaissance des diplômes ou difficulté de faire valoir ses équivalences viennent souvent freiner les bonnes volontés.

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Les différences de rythme de cursus compliquent également les échanges. Les apprentis ont un emploi du temps divisé entre cours aux centres de formation des apprentis (CFA) et immersion au sein de l’entreprise. « La concordance des calendriers et le rythme de l’alternance pose problème » a reconnu Myriam El Khomri, la ministre du Travail

Les difficultés du système d’apprentissage pourront être identifiées dans ce projet pilote. « L’objectif est de voir qui de l’entreprise ou du centre de formation d’apprentis (CFA) doit faire le relais de cette expérience », a expliqué Harlem Désir.

Contexte

Inspiré du nom du philosophe, théologien et humaniste Érasme de Rotterdam (1465-1536), le programme de mobilité de l’UE pour l’éducation et la formation Erasmus permet aux jeunes européens de réaliser une période de mobilité dans un des 33 pays partenaires.

L’ensemble des États membres de l’UE participent à ce programme ainsi que l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège, la Suisse et la Turquie.

Depuis son lancement en 1987, il a profité à environ 3 millions de jeunes européens.

La nouvelle mouture d’Erasmus, baptisée Erasmus+ réunit pour la période 2014-2020 les anciens programmes Erasmus (étudiants), Comenius (collégiens et lycéens), Leonardo da Vinci (apprentis), et Grundtvig (adultes en formation)