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09/12/2016

« Je suis arrivée à la Commission grâce à un quota »

Europe sociale & Emploi

« Je suis arrivée à la Commission grâce à un quota »

Věra Jourová

[European Commission]

La commissaire tchèque Věra Jourová se sent plus à son aise au sein de la Commission Juncker que quand elle était ministre au gouvernement tchèque.

« Après deux mois [au gouvernement tchèque], je vérifiais tous les matins si j’étais encore une femme », a expliqué la commissaire européenne à la justice, aux consommateurs et à l’égalité des chances, qui ajoute qu’elle devait s’adapter à la manière de penser masculine pour promouvoir son travail. « À la Commission, je n’ai pas ce sentiment, je ne vérifie plus », assure-t-elle.

>>Lire : Parité hommes/femmes : l’exécutif français moins « ridicule » que la Commission

Avant de devenir commissaire européenne à l’automne 2014, Věra Jourová était ministre du Développement rural en République tchèque.

La commissaire, qui participait à un événement de promotion des femmes dans l’industrie de la technologie, se souvient aussi des critiques concernant sa nomination qui sont parues dans la presse tchèque.

« Combien d’articles se demandaient : ‘Qui est cette Jourová ? Sa seule qualification est-elle qu’elle est née il y a 50 ans et est une femme ? », a-t-elle souligné lors de l’évènement.

« Comment pouvais-je me défendre ? Je devais venir à la Commission et montrer que je ne ferais pas pire que mes homologues masculins. »

>>Lire : Féminisation de la Commission : tour d’horizon des cancres de la parité

Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, a insisté pour que les États membres proposent au moins neuf candidates pour la formation de la Commission.

Son prédécesseur, José Manuel Barrosso, avait déjà neuf femmes commissaires. Jean-Claude Juncker a dévoilé qu’il avait eu des difficultés à convaincre les chefs d’États et de gouvernements à soutenir des candidates. « Je dois dire que je suis arrivée à la Commission grâce à un quota », admet Věra Jourová.

Quota obligatoire

Věra Jourová a défendu le projet de loi que sa prédécesseure, Viviane Reding, avait proposé en 2012 pour un quota obligatoire de 40 % de femmes dans les conseils d’administration des sociétés cotées en Bourse. Le Parlement européen a approuvé la directive en 2013, mais les États membres se sont opposés à un quota contraignant.

Du million d’Européens formés au numérique par Google l’an dernier, 43 % étaient des femmes ou des jeunes filles, a pour sa part souligné Matt Brittin, qui dirige les activités européennes du géant américain. « Ce n’est pas la moitié, mais c’est un vrai bond en avant par rapport aux chiffres des entreprises technologiques », explique-t-il.

 >>Lire : Hauts postes : dernier appel en faveur des femmes

La Commission et certaines entreprises de technologie représentées à Bruxelles font la promotion de leurs efforts pour gonfler le nombre de femmes dans leurs rangs. La cinquième « journée des femmes dans les TIC » a eu lieu le 28 avril.

Des statistiques récentes de la Commission européenne et d’Eurostat montrent que les femmes sont toujours très sous-représentées dans le secteur.

Contexte

À l'automne 2014, Jean-Claude Juncker avait demandé aux États membres de proposer des candidates pour les postes de commissaires dans son cabinet. Le président de la Commission a révélé qu'il a eu des difficultés à convaincre les dirigeants nationaux de lui proposer plus de femmes. Le cabinet Juncker inclut à ce jour neuf commissaires, dont trois vice-présidentes.