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24/01/2017

L’OCDE incite la France à réformer son marché du travail

Europe sociale & Emploi

L’OCDE incite la France à réformer son marché du travail

Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a annoncé une nouvelle réforme structurelle pour l'été 2015

[France.fr]

Un rapport de l’OCDE pointe un certain nombre de freins à la reprise de la croissance en France, notamment la rigidité du marché du travail et l’importance des dépenses publiques.  

Il fait bon vivre en France, mais sur le plan des réformes économiques, il reste de la route à parcourir, a conclu l’OCDE dans son rapport « Études économiques – France » publié le 2 avril.

L’OCDE estime que la reprise de la croissance n’est pas acquise, malgré les réformes déjà engagées par le gouvernement, notamment le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi et le Pacte de responsabilité et de solidarité. « Un programme de réformes d’envergure demeure nécessaire » affirme le rapport.

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Une demande qui pourrait voir le jour rapidement. Le ministre de l’Économie, Emmanuel Marcon, a en effet annoncé récemment son intention de présenté une « Loi Macron 2 » d’ici l’été afin de poursuivre le travail de réforme structurelle engagé avec le projet de loi Macron I sur la croissance et l’activité, qui prévoit notamment l’assouplissement de l’encadrement du travail du dimanche.

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Selon l’organisation, la France devrait connaitre une croissance de 1,1 % cette année, puis 1,7 % en 2016. Un redémarrage lent que « limiterait les perspectives d’emploi » tandis que le taux de chômage « ne baisserait que faiblement ».

Bien être français

Pourtant, l’OCDE estime que le niveau de bien-être reste plutôt enviable en France et point des bonnes performances en matière d’inégalité n’y est pas excessive.

La France se distingue par ailleurs sur deux indices de qualité de vie par rapport à la moyenne des 34 pays de l’OCDE : l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, ainsi que sur la qualité de l’environnement.

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Sur le plan économique, le rapport estime que la France a traversé la crise « sans trop en souffrir économiquement ».Par ailleurs « contrairement à d’autres pays de la zone euro, l’offre de crédit ne semble pas limiter l’activité économique : la majorité de la demande de financement des entreprises paraît être satisfaite, même pour les petites et moyennes entreprises », relève le rapport.

Marché du travail rigide

Pour l’OCDE, la principale faiblesse du pays reste la rigidité de son marché du travail et recommande entre autres de rendre les contrats de travail plus flexibles.

Le rapport recommande à la France de s’attaquer au « dualisme » du marché du travail, partagé entre CDI (contrats à durée indéterminée) et CDD (contrats à durée déterminée). Pour l’OCDE, il faudrait « simplifier et raccourcir les procédures de licenciement » tout en assurant « une bonne protection des revenus entre deux emplois ».

Dérapage budgétaire

L’OCDE analyse également les causes de dérapage budgétaire français. Paris, qui s’était engagé à ramener le déficit public sous la barre des 3 % en 2015 a effet une nouvelle fois obtenu un report de 2 ans auprès de la Commission européenne.

Selon l’OCDE, le dérapage de 2014 est surtout dû « à des rentrées fiscales décevantes liées à l’effet combiné de la faiblesse de la croissance économique et de l’inflation ».

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Le rapport recommande à la France de poursuivre son assainissement budgétaire, mais «  à un rythme approprié et compatible avec une reprise économique ».

Enfin, les dépenses publiques sont jugées trop élevées. À 57 % du PIB, elles figurent parmi les plus élevées de l’OCDE. Une situation qui conduit à des prélèvements obligatoires importants qui pèsent sur les performances économiques, selon le rapport.

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