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28/07/2016

L’UE déplore la lenteur de l’intégration des Roms

Europe sociale & Emploi

L’UE déplore la lenteur de l’intégration des Roms

Une Rom et son enfant, Bruxelles, Octobre 2014.

[Joel Schalit]

Le chemin menant à l’intégration des Roms dans l’UE est encore long, a regretté la Commission européenne à l’occasion de la Journée internationale des Roms.

Dans une déclaration commune, le vice-président de la Commission, Frans Timmermans, et les commissaires Marianne Thyssen, V?ra Jourová et Corina Cre?u ont insisté sur le fait que la communauté des Roms, la plus grande minorité ethnique d’Europe, est toujours victime d’exclusion, d’inégalités et de discrimination.

« Cette situation ne va pas changer du jour au lendemain, mais les institutions européennes et les États membres s’engagent à combattre la discrimination et à améliorer l’intégration », ont-ils déclaré, mettant l’accent sur l’accès inégal des Roms à l’emploi, l’éducation, le logement et la santé. « Les enfants roms ne peuvent généralement pas recevoir la même qualité d’éducation que les autres enfants », ont-ils rappelé.

Depuis 2011, l’UE a fait de l’intégration des Roms une des priorités de son programme politique partout en Europe. Les résultats ont été mitigés. La Commission soutient les États membres dans la mise en place de politiques et de services publics favorisant l’intégration des Roms. Le nouveau cadre financier pour la période 2014-2020, par exemple, facilite l’utilisation des fonds européens pour l’intégration socio-économique de la population rom. »

Selon l’Agence des droits fondamentaux, un Rom sur trois est sans emploi, un sur cinq ne possède pas d’assurance maladie et neuf sur dix vivent sous le seuil de pauvreté. Un pourcentage élevé d’enfants roms ne terminent pas l’enseignement primaire, car ils sont souvent envoyés dans des écoles pour handicapés mentaux à cause de leur origine ethnique.

>> Lire : La France, championne d’Europe des expulsions de Roms

La fermeture ou la fusion de nombreuses écoles en Grèce a rendu l’accès à l’éducation encore plus difficile pour les groupes minoritaires comme les Roms, indique un récent rapport.

Lors d’un débat sur les comportements anti-rom en Europe, organisé par l’eurodéputée socialiste, Soraya Post, la seule parlementaire d’origine Rom, le président du Parlement européen, Martin Schulz, s’est dit « profondément inquiet » de la progression de la rhétorique anti-rom.

Selon lui, les populistes ont fait de cette minorité leur bouc émissaire et les violentes attaques à leur encontre se multiplient.

« Des citoyens européens se font insulter, menacer, et attaquer, juste parce qu’ils sont Roms. C’est scandaleux et inacceptable», s’est-il indigné.

Pendant des siècles, les Roms ont été victimes du racisme anti-gitan, une idéologie méprisable basée sur la supériorité raciale, l’intolérance et la haine, a poursuivi le président du Parlement. Durant la Seconde Guerre mondiale, 500 000 Roms ont été tués par l’Allemagne nazie, et ce génocide n’a toujours pas été entièrement reconnu.

Solutions locales

Martin Schulz a néanmoins reconnu que des progrès ont été faits dans l’UE sur le sujet des Roms ces 10 dernières années. Grâce au cadre européen pour les stratégies nationales d’intégration des Roms, chaque État membre a désormais un plan d’action national pour les Roms et des fonds ont été mis à disposition pour des projets d’éducation.

« Ce n’est qu’un début. Le chemin à parcourir avant une intégration réelle des Roms est encore long », a insisté Martin Schulz.

Lors d’un évènement organisé par la Plateforme européenne pour l’inclusion des Roms, le 17 mars, V?ra Jourová, commissaire en charge de la justice, a également souligné l’importance des efforts réalisés à échelle locale.

Selon elle, certaines autorités locales et même certains ministres des gouvernements font obstacle à l’intégration des Roms et ont des préjugés.

« Nous devons nous assurer que des efforts soient faits tant au niveau national, dans tous les États membres, qu’au niveau local. C’est là que l’on observe discrimination et exclusion, c’est donc là que des solutions pour l’intégration des Roms doivent être trouvées », a assuré V?ra Jourová.

Réactions

« Au vu de la ténacité de l'exclusion sociale qui touche environ six millions de Roms en Europe, le Conseil de l'UE devrait non seulement s'assurer qu'un minimum du fonds social européen soit alloué aux communautés marginalisées, mais aussi exercer plus de pression sur les responsables politiques pour qu'ils impliquent davantage les Roms dans les décisions politiques qui les concernent », a déclaré la fondation Caritas dans un communiqué.

Heather Roy, secrétaire générale de Eurodiaconia, un réseau d’organisations luttant contre la pauvreté et l’exclusion sociale a déclaré dans un communiqué que « les Roms sont littéralement pris entre deux feux : les expulsions d’un côté et le manque de perspectives socioéconomiques de l’autre. C'est inhumain ! »

Contexte

Selon des chiffres de l'UE, les Roms représentent la plus grande minorité ethnique d'Europe. La Commission européenne estime à 11 millions de personnes la population rom présente dans l'UE, et leur origine remonte à l'Inde médiévale.

Les recensements montrent que 535 000 Roms vivent en Roumanie, 370 000 en Bulgarie, 205 000 en Hongrie, 89 000 en Slovaquie et 108 000 en Serbie. Quelque 200 000 Roms vivraient en République tchèque et en Grèce et la Turquie en compterait 500 000.

Depuis 2011, l'UE a fait de l'intégration des Roms une des priorités de son programme politique partout en Europe. Les résultats ont été mitigés. La Commission soutient les États membres dans la mise en place de politiques et de services publics favorisant l'intégration des Roms. Le nouveau cadre financier pour la période 2014-2020, par exemple, facilite l'utilisation des fonds européens pour l'intégration socio-économique de la population rom. »