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26/09/2016

Le chômage attendu en hausse jusqu’à 2020 dans le monde

Europe sociale & Emploi

Le chômage attendu en hausse jusqu’à 2020 dans le monde

Manifestation à Dublin, 2011.

[Tomasz Szustek]

Le chômage risque de continuer sa progression sur dans le monde, jusqu’à la fin de la décennie,  selon l’Organisation internationale du travail (OIT). La situation est particulièrement difficile en Europe. 

Plus de 212 millions de personnes se retrouveront sans emploi dans les 5 ans à venir, soit 11 millions de plus qu’actuellement, selon le rapport de l’OIT Perspectives pour l’emploi et le social dans le monde – Tendances 2015.

Plus de 61 millions d’emplois ont été supprimés depuis le début de la crise économique mondiale en 2008. « Nos prévisions montrent que le chômage poursuivra sa hausse jusqu’à la fin de la décennie. Cela signifie que la crise de l’emploi est loin d’être terminée et qu’il n’y a pas de place pour la complaisance », a déclaré Guy Ryder, directeur général de l’OIT.

Alors que le marché du travail s’est relevé aux États-Unis et au Japon, il restera difficile de trouver un travail dans de nombreuses économies avancées, comme en Europe par exemple.

Selon l’OIT, si les prix du pétrole et du gaz continuent leur chute vertigineuse, les perspectives d’emploi pourraient s’améliorer dans les pays développés, mais le marché du travail dans les pays producteurs de pétrole et de gaz, notamment en Amérique du Sud, en Afrique et dans le Moyen-Orient, serait sévèrement frappé.

Le taux de chômage chez les jeunes restera un problème majeur. Les jeunes travailleurs, âgés de 15 à 24 ans ont été particulièrement touchés par la crise. Le taux de chômage mondial chez les jeunes était de 13 % en 2014 et continuera à grimper dans les années à venir. Les travailleurs plus âgés, quant à eux, sont bien passés au travers de la crise depuis ses débuts en 2008.

« La bonne nouvelle, c’est que le nombre de personnes occupant un emploi précaire et la pauvreté des travailleurs ont chuté dans le monde entier. Il n’est tout de même pas acceptable que presque la moitié des travailleurs dans le monde n’ait pas accès aux premières nécessités et à un travail décent », a rappelé Guy Ryder. « Et la situation est encore pire pour les femmes. »

Troubles sociaux

Le rapport de l’OIT explique que si les pays ont du mal à récupérer de la crise, c’est en majeure partie à cause des inégalités croissantes et persistantes et des perspectives incertaines des investissements des entreprises.

« Si des salaires bas poussent les gens à consommer moins, et que les investissements restent au point mort, l’impact négatif sur la croissance est évident. L’écart des revenus dans certaines économies avancées se creuse et approche désormais les niveaux d’inégalité observés dans les économies émergentes », a commenté Guy Ryder. « En revanche, les économies émergentes ont fait des progrès pour réduire leurs hauts niveaux d’inégalité », a-t-il ajouté.

La confiance des populations envers leurs gouvernements faisant défaut, le risque de troubles sociaux est élevé, fait remarquer le rapport. Les troubles sociaux sont particulièrement aigus dans les régions et pays ou le chômage des jeunes est élevé ou grimpe rapidement.

En réponse au taux de chômage mondial, les troubles sociaux se sont multipliés depuis le début de la crise en 2008. Ils ont augmenté de 10 % par rapport à l’avant-crise », observe le rapport.

Des facteurs structurels définissant le monde du travail tels qu’une offre d’emploi en déclin, due principalement à une population vieillissante dans de nombreuses régions du globe, ont aussi eu un impact sur la croissance de l’économie mondiale. Un autre facteur est les changements importants dans l’exigence de compétences. 

À l’échelle mondiale, la part des emplois peu qualifiés et celle des professions libérales, tels que le personnel de sécurité ou les professionnels de la santé, et la part des professions hautement qualifiées et libérales, telles que les avocats ou les ingénieurs en informatique, ont augmenté. À l’inverse, les emplois moyennement qualifiés et routiniers tels que les comptables et les professions administratives sont en baisse.

« Ces tendances sont inquiétantes, mais nous pouvons embellir le paysage économique si nous nous attaquons aux faiblesses sous-jacentes, à savoir le manque continu de demande globale, la stagnation de la zone euro, les perspectives incertaines des investissements productifs, notamment des petites entreprises, et l’inégalité croissante », a déclaré Guy Ryder.

La Commission estime que le taux de chômage global dans l’Union européenne, qui était à 10,3 % en 2014, chutera à 10 % en 2015 et à 9,5 % en 2016.

Parmi les États membres, la Grèce, qui souffre ces dernières années d’un taux de chômage accablant depuis le début de la crise économique, devrait connaître une forte baisse du taux de chômage, passant de 26,8 % cette année à 22 % en 2016.

L’Espagne est sur le point de dépasser la Grèce en matière de chômage. La Commission envisage ainsi pour le pays de la péninsule ibérique un taux de chômage à 22,2 % en 2016

Contexte

Le marché européen du travail est confronté à un paradoxe. Alors que ses États membres enregistrent des taux de chômage record, des millions d'emplois restent vacants dans de nombreux secteurs essentiels au développement économique.

Malgré tous les efforts visant à enrayer le chômage et à faire correspondre la main-d'œuvre nationale aux besoins, les entreprises internationales et les PME basées en Europe connaissent d'énormes difficultés à employer le personnel adéquat.

Prochaines étapes

  • 21 janvier 2013 : Forum économique mondial de Davos, en Suisse.

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