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23/02/2017

L’Europe sociale progresse contre toute attente

Europe sociale & Emploi

L’Europe sociale progresse contre toute attente

Les jeunes bulgares sont parmis ceux qui ont le plus bénéficié du FSE. Photo Sophia Agency

Le Fonds social européen a concerné un travailleur européen sur deux et aidé 10 millions d’Européens à trouver un emploi. Contrairement à une idée reçue, la situation sociale des Européens s’améliore.

L’Europe sait-elle être sociale ? Vue de France, la réponse est le plus souvent non. L’UE impose surtout des contraintes budgétaires, et pousse à instiller plus de libéralisme dans les économies du Vieux Continent. Consciente de ce défaut, les politiques européens cherchent la parade.

L'exécutif européen promet un socle social commun

La Commission européenne veut établir un socle commun de droits sociaux minimaux, dans le cadre d’une proposition qui sera dévoilée début 2016. France et Allemagne réfléchissent à un « Eurogroupe social ».

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Notamment en mettant en avant l’impact du « fonds social européen » (FSE), le plus ancien des trois fonds de redistribution de l’UE (avec le Fonds européen de développement régional et le Fonds de cohésion).

Selon un bilan publié le 5 janvier, le FSE aurait aidé 10 millions d’Européens à trouver un emploi entre 2007 et 2014, pour des dépenses de 115 milliards d’euros. L’UE compte aujourd’hui 21,1 millions de chômeurs.

Ce bilan méticuleux et compliqué a été réalisé par les services de la Commission européenne, a posteriori, après une longue enquête auprès des personnes concernées, mais aussi à l’aide de modèles macroéconomiques. Les résultats des deux sources ont ensuite été confrontés.

Sur les 498 millions d’Européens, dont 232 travailleurs en 2015, près de 100 millions ont été concernés par le FSE, soit près d’un employé sur deux. Surtout des femmes (52 %) et des jeunes (32 % des participants). Les bénéfices du FSE semblent avoir joué pour les populations les plus fragiles, comme les migrants, les victimes de handicap ou les communautés marginalisées comme les Roms ; et aussi pour certains pays dont la situation économique était fragile. Le pays le plus pauvre de l’UE, la Bulgarie, a notamment largement eu recours au FSE, pour un impact positif notamment sur les jeunes grâce à un programme de lutte contre la déscolarisation.

Un bilan très variable d’un pays à l’autre

Le bilan du Fonds social européen est toutefois très disparate. Il est très utilisé dans certains pays, mais très peu dans d’autres, qui en auraient sans doute plus besoin. La Roumanie, la Slovaquie, ou la Hongrie par exemple n’ont utilisé qu’une infime partie des fonds qu’on leur proposait pour soutenir l’emploi.

Par ailleurs, le rapport entre l’emploi et les programmes financés par l’UE est compliqué à évaluer, tant les projets sont multiples et multidirectionnels.

Le FSE concerne aussi bien des formations co-financées par l’UE, des programmes qui ont pu recevoir momentanément des soutiens de l’UE, des aides à la mobilité ou à la garde d’enfants, ou encore des opérations de soutien aux systèmes scolaires.

Enfin, le FSE est surtout efficace dans les pays où le système social est peu développé. L’étude souligne finalement en creux un enjeu crucial de la construction européenne, qui est celui de l’harmonisation : pour les pays les plus avancés en matière sociale, comme la France, l’UE n’apporte bien moins qu’aux autres. Et à terme, l’harmonisation suppose de tendre vers un niveau moyen de protection sociale, sans doute inférieur à ce que les pays mieux-disant connaissent acutellement.

La situation sociale des Européens s’améliore

Cette évaluation doit toutefois être mise en regard d’autres statistiques sociales, comme ce rapport sur l’emploi et le développement social en Europe en 2016, qui reflète une évolution plutôt positive des pays de l’UE ces dernières années.

La relative reprise économique post-crise ainsi que la stabilisation du niveau de chômage au niveau européen ont permis de voir d’autres indicateurs se stabiliser, comme la pauvreté, l’évolution des inégalités, qui restent stables, mais aussi le risque de pauvreté, qui faiblit depuis 2013 partout en Europe. La part de la population souffrant de privations sévères a notamment fortement décliné, à quelques exceptions comme la Grèce et l’Italie.

Réactions

«L'évaluation d'aujourd'hui prouve que le Fonds social européen fait une réelle différence dans la vie des Européens. Des millions de personnes ont trouvé un emploi, amélioré leurs compétences ou ont trouvé leur moyen de sortir de la pauvreté et de l'exclusion sociale. C'est de la solidarité en action a commenté Marianne Thyssen, la commissaire belge, en charge de l'emploi et des affaires sociales.

 

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