Malte promet une présidence forte sur les libertés civiles

Gay pride 2015 à Malte. [Carmelia Varsescu/ Shutterstock]

Malte s’apprête à succéder à la Slovaquie à la tête de l’UE. Les récentes avancées du pays dans le domaine social des libertés individuelles semblent augurer une présidence bien différente.

Durant les six mois de sa première présidence, la Slovaquie a été vivement critiquée sur sa politique migratoire et sa législation sur les marchés publics. Robert Fico, le Premier ministre slovaque, a perdu patience et violemment insulté les journalistes écrivant sur ces sujets.

Bratislava cédera à la fin du mois la présidence à Malte, et le pays a déjà annoncé une série de priorité pour sa présidence tournante, notamment l’accès des femmes au marché du travail et la promotion des droits LGBT.

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La Valette souhaite également s’occuper d’immigration et a promis de se concentrer sur l’application du programme de répartition des réfugiés, très critiqué et peu suivi. Le pays entre en lice dans un climat de bonne volonté, étant donné ses progrès récents dans le secteur social.

Le chômage des jeunes, très élevé partout en Europe, constitue un danger majeur pour les États membres, et Bruxelles a mis en place une série de mesures ad hoc, comme la garantie pour la jeunesse. À Malte, l’initiative a été lancée en 2014 et a eu un succès non négligeable.

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En janvier 2013, le chômage des jeunes atteignait 13 % sur l’île. En septembre 2016, ce chiffre a chuté à 10 %. Malte se situe donc à la deuxième place dans l’UE, puisque seule l’Allemagne a un taux plus bas.

L’île est le plus petit pays de l’Union, avec seulement 423 000 d’habitants, soit 0,08 % de la population européenne, mais son gouvernement travailliste, entré au pouvoir en 2013, après 15 ans dans l’opposition, a fait des miracles après s’être purgé de toute notion d’euroscepticisme et décidé de se concentrer sur les sujets sociaux.

Cet engagement s’étend également aux libertés civiles, et le pays est devenu le premier État européen à interdire le 5 décembre les « thérapies de conversion » pour les homosexuels. Cette pratique a pour objectif de « guérir » les patients de leur homosexualité. L’un de ses défenseurs les plus connus n’est autre que Mike Pence, qui sera vice-président américain sous Donald Trump.

Le parlement maltais a donc adopté une loi criminalisant ces « thérapies de conversion » et condamnant toute personne promouvant cette pratique à des amendes considérables, voire une peine carcérale.

Malte promeut depuis longtemps les droits des homosexuels, bisexuels et transsexuels et est régulièrement en tête des indices sur la tolérance envers la communauté LGBT. Seuls quatre autres pays ont établi l’égalité des droits LGBT dans leur constitution : la Bolivie, l’Équateur, Fiji et le Royaume-Uni.

Un contraste marquant avec son prédécesseur à la présidence de l’UE, qui ne reconnait pas le mariage homosexuel et où la communauté gay est moins bien tolérée.

Malgré sa petite taille, Malte pourrait donc être un bon exemple pour le reste de l’Europe et espère que « notre expérience pourra influencer nos partenaires européens ».