EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

26/09/2016

Merkel, Hollande et Renzi affichent un front uni à Ventotene

Europe sociale & Emploi

Merkel, Hollande et Renzi affichent un front uni à Ventotene

Matteo Renzi appelle à un «retour à l'Europe des valeurs, plutôt qu'à celle de la finance».

[European Parliament/Flickr]

Matteo Renzi, Angela Merkel et François Hollande appellent l’Europe à trouver un nouveau souffle après le Brexit, lors du sommet extraordinaire à 27 de Bratislava, le 16 septembre.

« Le risque majeur, ça vaut pour l’Europe comme pour les nations, c’est la dislocation, la fragmentation, l’égoïsme, le repli », a averti le chef de l’État français lors d’une conférence de presse commune avec la chancelière allemande et le chef du gouvernement italien sur le pont du porte-aéronefs Giuseppe Garibaldi, ancré au large de la petite île italienne de Ventotene.

Le coup de tonnerre du Brexit ne signifie pas que l’Europe est finie, a assuré pour sa part le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, hôte de ce mini-sommet à trois.

Un marathon diplomatique démarre pour envisager l'après-Brexit

Les rencontres entre dirigeants européens vont se multiplier avant la mi-septembre. Le moteur franco-allemand veut ranimer l’élan européen autour d’une feuille de route politique. Mais les thèmes de la sécurité ou de l’investissement sont aussi source de discorde.

EurActiv.fr

Le Brexit et ses conséquences sur l’avenir de l’UE avaient déjà rassemblé les trois dirigeants le 27 juin à Berlin où ils avaient appelé à une « nouvelle impulsion » pour l’Europe, au moment où les mouvements populistes ont le vent en poupe sur le Vieux continent.

Forger une position commune à Bratislava, au cœur d’une Europe de l’Est qui regarde avec une grande circonspection tout projet de relance de l’intégration européenne, ne sera cependant pas aisé.

« Il est très facile de se plaindre, de trouver des boucs émissaires. L’Europe est le bouc émissaire parfait », a lancé Matteo Renzi, rappelant que l’Europe signifiait aussi et avant tout « liberté, paix et prospérité ». « L’Europe est la plus importante opportunité qu’ont les jeunes générations », a-t-il encore rappelé.

>> Lire : Merkel, Hollande et Renzi tentent de faire preuve d’unité face au Brexit

« Trois priorités »

François Hollande a de son côté énuméré trois priorités pour parvenir à cette relance d’une Union européenne en pleine crise existentielle. La première, selon lui, doit être la sécurité avec la protection des frontières extérieures de l’UE grâce à un corps de gardes-frontières et de garde-côtes.

La seconde, a-t-il poursuivi, doit être la défense avec « davantage de coordination, de moyens supplémentaires et de forces de projection ». Et la troisième, la jeunesse avec un programme Erasmus d’échanges universitaires « amplifié ».

Il faut aussi prendre des « mesures fortes pour relancer la croissance et lutter contre le chômage des jeunes », et « revenir à l’Europe des valeurs, plutôt qu’à celle de la finance », a averti de son côté le président du Conseil italien. Ce dernier ne cesse de dénoncer l’austérité et l’équilibre des comptes publics comme seul horizon en Europe, et réclame, à l’instar de la France, davantage d’investissements et de flexibilité en matière de discipline budgétaire.

>> Lire : L’initiative pour l’emploi des jeunes sur la sellette pour 2016

Sur ce point, Angela Merkel est restée prudente, ne fermant pas toutefois la porte aux demandes de Matteo Renzi, à qui elle a apporté un soutien appuyé.

« Je pense que le pacte de stabilité [budgétaire européen] prévoit vraiment beaucoup de flexibilité que nous pouvons utiliser de manière intelligente », a-t-elle déclaré, renvoyant la responsabilité de la décision à la Commission européenne.

« L’Europe n’est pas encore dans tous les domaines l’endroit du monde le plus compétitif », a-t-elle aussi relevé, appelant le Vieux continent à aller de l’avant en matière de nouvelles technologies et de numérique.

Le président français a insisté pour sa part sur le plan Juncker de relance de l’investissement en Europe (315 milliards d’euros de 2015 à 2018). Il doit être selon lui non seulement prolongé, mais également « amplifié ». La France souhaiterait qu’il soit tout simplement doublé.

Les trois dirigeants devaient partager dans la soirée un dîner de travail à bord du Garibaldi, qui accueille l’état-major naval de l’opération européenne Sophia de lutte contre les passeurs de migrants en Méditerranée.

Plus tôt dans l’après-midi, les trois dirigeants s’étaient recueillis sur la tombe d’Altiero Spinelli, considéré comme l’un des grands inspirateurs de l’Europe fédérale, et emprisonné pendant de longues années par Benito Mussolini sur l’île de Ventotene.

>> Lire : Bratislava accueillera en septembre le premier sommet sur l’avenir de l’UE