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06/12/2016

Rencontre Hollande-Merkel prévue le 11 janvier sur l’avenir de l’Europe

Europe sociale & Emploi

Rencontre Hollande-Merkel prévue le 11 janvier sur l’avenir de l’Europe

François Hollande

@FranceInter

Le chef de l’Etat français démarre une opération séduction dans les médias. Il appelle l’Europe à être un lieu de conviction

Le chef de l’État français a annoncé lundi matin sur France Inter qu’il rencontrerait la chancelière allemande dimanche 11 janvier, à l’invitation de Martin Schulz, le président du Parlement européen.

« Je vais rencontrer Mme Merkel encore dimanche à l’initiative du président du parlement européen Martin Schulz qui est Allemand mais aussi francophone et francophile et nous allons parler de l’avenir de l’Europe, de la relation franco-allemande  » a précise le président français.

Le chef de l’État démarrait par 2 h de radio matinale un plan de communication destiné à tenter de redorer son image auprès des Français. Sa cote de popularité a repassé la barre des 20 % de Français satisfaits selon un sondage réalisé fin décembre par Odoxa, qui reflète 21 % d’opinions positives.

Interrogé sur les points de vue différents de la France et de l’Allemagne de l’Union européenne, le chef de l’État a souligné qu’il allait aborder la question de la convergence des positions économiques des deux pays.

Appel à plus de relance

« Angela Merkel attend que la France soit plus compétitive, et nous, en France, nous attendons la relance en Allemagne,  nous recherchons la croissance.  Il faut trouver la convergence de ces positions » a-t-il indiqué, évoquant le plan Juncker annoncé en décembre.  « Le plan Juncker est une étape importante » a-t-il souligné.

Les relations franco-allemandes ne sont pas au beau fixe, principalement en raison de divergences d’analyse sur la situation économique. La dette publique française, qui excède largement les limites prévues par les traités européens, pourrait faire l’objet d’une sanction financière que le commissaire allemand Gunther Oettinger a appelé de ses vœux fin novembre.

« Nous devons faire que l’Europe prenne davantage de risques. Nous avons besoin d’un espace économique commun renforcé, notamment fiscal. Je note que le Smic a été introduit en Allemagne depuis le 1er janvier » a précisé le président.

La France premier pays d’Europe en 2050

Le chef de l’État français a aussi souligné l’aspect démographique.

« En 2050 la France sera le pays le plus peuplé d’Europe » a déclaré le chef de l’État, qui a aussi précisé que l’Allemagne avait besoin de la France pour cette raison précise, et que la chancelière allemande le lui avait déjà précisé, en indiquant que l’Allemagne allait de son côté perdre des millions de travailleurs.

« J’ai des relations de l’ordre de la sincérité et de la franchise avec Mme Merkel, nous avons le même enjeu, la même interprétation des faits : nous voulons que l’Europe puisse être plus forte dans ses choix » a précisé le chef de l’État, ajoutant que « l’Europe devait être un lieu de conviction ».

Le chef de l’État a aussi insisté sur la question de l’immigration.

« Aujourd’hui c’est l’Allemagne et la Suède qui font plus d’effort d’accueil pour les Syriens, ce n’est pas la France » a-t-il rappelé. Il a aussi estimé que l’Europe devait faire face et organiser une politique d’asile.  Nous avons mis en place Frontex(…) mais ce qu’on attend de l’Europe c’est aussi de régler les crises » qui alimentent  l’immigration a précisé le dirigeant politique.

Plaidoyer pour une TTF européenne large

Le chef de l’État a également évoqué la TTF, une taxe commune qui peine à crée un consensus parmi les 11 pays qui tentent de la mettre en place, en plaidant pour l’élargissement de son assiette.

J’ai demandé à Michel Sapin de réunir en janvier « les ministres des Finances des 11 pays pour mettre en place la Taxe sur les transactions financières. » Il faut prendre tous les produits de la finance avec un taux faible, il faut que l’assiette soit le plus large possible » a-t-il assuré. La France plaide  pour une position jugée timide, soit une mini-taxe, de seulement 0,01 %  sur les produits dérivés et 0,1 % sur les actions.

Lire aussi : La France propose des pistes pour débloquer la TTF européenne

Contexte

La procédure de déficit excessif est prévue par l'article 126 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Cet article oblige les États membres à éviter des déficits excessifs dans les budgets nationaux.

La Commission évalue et le Conseil décide s'il existe un déficit excessif ou non. La Commission, qui élabore un rapport en ce sens, est tenue de prendre en considération tous les facteurs pertinents (conditions conjoncturelles, réformes, etc.) pour l'existence d'un déficit excessif.

Lorsque le Conseil décide qu'un déficit excessif existe dans un État membre, il adresse d'abord des recommandations à l'État concerné. Ce dernier doit mettre un terme à cette situation dans un délai précis. Si l'État ne se conforme pas à ces recommandations, le Conseil peut le mettre en demeure de prendre les mesures appropriées pour réduire le déficit. Le Conseil a la possibilité, le cas échéant, d'appliquer des sanctions ou des amendes et d'inviter la Banque européenne d'investissement (BEI) à revoir sa politique de prêts à l'égard de cet État.