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03/12/2016

Les Européens s’entendent sur budget en hausse pour 2017

Europe sociale & Emploi

Les Européens s’entendent sur budget en hausse pour 2017

Kristalina Georgieva, Ivan Lesay et Jean Arthuis.

La présidence slovaque a finalisé le budget pour 2017. Davantage de fonds seront dédiés à la sécurité et à la compétitivité, à l’accueil et à l’intégration des réfugiés, ainsi qu’à la lutte contre les causes de l’immigration.

La Commission a présenté sa première proposition de budget pour 2017 le 30 juin. La version finale  s’élève à 157,9 milliards d’euros en crédits d’engagement et à 134,5 milliards d’euros en crédits de paiement.

Dans un précédent projet, le financement de la cohésion avait baissé de 23,94% par rapport à l’année dernière, alors que les fonds dédiés au secteur « sécurité et citoyens » avaient été renforcés de 24,42%. Dans le budget final, la cohésion ne perd plus que 11,2% (soir 37 201 milliards d’euros) et le volet « sécurité et citoyenneté » gagne 25,3% (3 787 milliards)

>> Lire : Le Conseil adopte un projet de budget 2017 tourné vers la sécurité.

« Il a fallu 18 heures de négociations intensives, un marathon difficile, mais réussi, en d’autres termes », a expliqué Ivan Lesay, négociateur en chef de la présidence slovaque pour le budget annuel, qui ajoute que le compromis final reflète bien les priorités politiques de l’UE.

Dans un communiqué de presse, la Commission souligne que près d’un quart des fonds, soit 74,9 milliards d’euros en crédits d’engagement, stimuleront la croissance, l’emploi et la compétitivité.

Par ailleurs, 21,3 milliards seront ainsi dédiés aux programmes comme Horizon 2020, Erasmus+, COSME et le Mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE), et 2,7 milliards au Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS), le bras armé du plan Juncker pour l’investissement. Les agriculteurs récoltent quant à eux 42,6 milliards.

Priorité à la cirse migratoire

Près de 6 milliards d’euros sont également mis de côté pour renforcer la protection des frontières externes de l’UE et gérer la crise migratoire. La moitié de cette somme financera des actions au sein de l’UE, l’autre des initiatives hors des frontières européennes afin de contrer l’immigration. Le nouvel instrument d’aide humanitaire au sein de l’UE disposera de 200 millions d’euros.

Kristalina Georgieva, la commissaire au budget, qui quittera bientôt son poste, a assuré que l’exécutif n’avait rien laissé au hasard pour garantir un budget dans les meilleurs intérêts des Européens.

« Le budget 2017 nous aidera à adoucir les chocs, dynamisera notre économie et contribuera à la gestion de problèmes comme la crise des réfugiés. Nous continuons à cibler des résultats et nous assurons que chaque euro du budget sera utilisé à bon escient », a-t-elle indiqué.

Les eurodéputés se sont félicités d’avoir amélioré le budget, en obtenant plus de soutien pour les jeunes au chômage et des fonds additionnels pour booster les initiatives clés de soutien aux PME, les projets d’infrastructures de transport, la recherche et la mobilité étudiante Erasmus +.

L’accord provisoire sur le budget européen pour 2017 avec le Conseil a été atteint tôt le jeudi 17 novembre. Les eurodéputés en charge du budget et le Conseil ayant soutenu l’accord, le nouveau budget sera voté en session plénière en décembre.

Les membres de l’équipe de négociation du Parlement se sont exprimés à la fin de discussions qui ont duré jusque tard dans la nuit du 16 au 17 novembre. Jean Arthuis (ALDE), eurodéputé français, a déclaré que le Parlement avait décidé d’investir dans l’avenir. « C’est ce dont l’Europe a besoin actuellement », a-t-il déclaré.

Négociations difficiles

Le rapporteur allemand Jens Geier (S&D) a quant à lui expliqué que le budget 2017 mettait clairement l’accent sur la relance de la croissance, la création d’emploi – notamment pour les jeunes – et la crise migratoire.

« Nous avons aussi obtenu un maximum pour pouvoir nous atteler aux causes de la migration. Les négociations ont été dures avec le Conseil sur les détails, mais dans l’ensemble elles ont été constructives, et je suis satisfait du résultat », a estimé Jens Geier.

Le rapporteur Indrek Tarand (Verts/ALE, Estonie) a cependant regretté que les rémunérations généreuses des anciens commissaires ne soient toujours pas soumises à un Code de conduite plus strict, au vu des récentes polémiques Barroso, Oettinger, Kallas et Kroes. « Nous continuerons à lutter pour plus de transparence et d’intégrité », a-t-il insisté.

>> Lire : Juncker demande une enquête sur le poste de Barroso chez Goldman Sachs

Les eurodéputés assurent qu’ils ont obtenu 500 millions d’euros de plus que projet de budget pour l’Initiative pour l’emploi des jeunes (YEI) et 200 millions d’euros supplémentaires pour des initiatives clés pour la croissance et l’emploi telles que COSME (qui soutient les PME), le mécanisme pour l’interconnexion en Europe (qui finance des projets d’infrastructure), Horizon 2020 (projets de recherche) et Erasmus+ pour la mobilité des jeunes.

En plus d’un paquet de renfort de 725 millions d’euros pour les fonds liés à la migration, les eurodéputés ont également décroché 28 millions d’euros pour l’UNRWA (soutien aux réfugiés palestiniens qui totalise un montant de 310 millions d’euros) et 3 millions pour les négociations de paix à Chypre.

Le nouveau budget annuel sera voté en séance plénière en décembre, très probablement le premier jour du mois, à Bruxelles. Pendant ce temps, les 28 États membres doivent donner leur accord. L’Italie pourrait créer la surprise et s’opposer au budget, en signe de protestation contre le « diktat » européen.

>> Lire : Matteo Renzi menace de veto le budget de l’UE

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