L’artisanat, une force de notre modèle économique et social

DISCLAIMER: Toutes les opinions affichées dans cette colonne reflètent l'avis de l'auteur, pas celle d'EURACTIV.com PLC.

Bernard Stalter souligne l'importance des entreprises de proximité. [Assemblée permanente des chambres de métiers et de l’artisanat]

Le tout nouveau président de l’Assemblée permanente des chambres de métiers et de l’artisanat dénonce une attaque en règle contre des métiers d’avenir et porteurs des valeurs européennes.

Bernard Stalter est coiffeur. Il a effectué son apprentissage à l’âge de 14 ans et a ouvert son premier salon en 1993. Il est préside l’Assemblée permanente des chambres de métiers.

Nouvellement élu à la tête de l’Assemblée permanente des chambres de métiers et de l’artisanat,  ds les premiers jours de mon mandat je constate que l’artisanat français est confronté à une attaque en règle.

Sous prétexte de modernité, de nouvelles technologies et de nouveaux usages, on laisse prospérer des formes d’entreprises désincarnées au mépris de ce qui est la force de notre modèle économique et social : l’entreprise de proximité.

Ce qu’il est aujourd’hui convenu d’appeler « l’uberisation de l’économie », s’inscrit dans une volonté continue des pouvoirs publics de combattre le chômage en cassant le thermomètre plutôt qu’en adoptant de vraies mesures nécessaires à nos entreprises.

Depuis l’aventure de l’auto-entreprise, jusqu’à la guerre déclarée par les « plateformes » qui touchent aujourd’hui tous les pans de l’économie, l’économie de  proximité et les emplois qu’elle fait vivre sont systématiquement remis en question.

Chacun voit bien que ce n’est pas en favorisant la concurrence déloyale que l’on résout le problème du chômage. Ces formes précaires d’entreprises fondées sur des modèles économiques complètement erronés, comme on le voit avec UBER, n’apportent pas les garanties promises aux consommateurs et, pire, font disparaître les emplois des salariés.

Au final c’est le modèle de notre société qui est fragilisé, voire qui est conduit à sa perte. Les professions de foi et les déclarations d’intentions en faveur de notre modèle social ne suffisent pas. Ils doivent être suivis d’effets.

Les chambres de métiers et de l’artisanat veulent placer la parole des artisans au cœur du débat public et politique. Les périodes électorales qui s’ouvrent y sont propices.

Elles sont de formidables moteurs d’intégration économique et de promotion sociale : combien de chefs d’entreprises artisanales ont commencé par être apprentis et dirigent aujourd’hui avec succès des entreprises.

Elles sont porteuses et diffusent nos valeurs : le travail, le mérite, le geste, la solidarité, mais aussi l’innovation et l’exportation.

Elles sont aussi un formidable moteur d’acquisition des compétences et de diffusion des connaissances. Leur appareil de formation forme 100 000 apprentis par an en formation initiale et plus de 125 000 adultes en formation continue. En partenariat avec les IUT, les universités et le CNAM, les Universités des métiers et de l’artisanat (URMA)  construisent des parcours individualisés et personnels de validation des acquis et de formation.

Enfin, les chambres accompagnent les entreprises tout au long de leur vie, de la création ou de leur reprise  jusqu’à leur transmission. Ce modèle est vital pour la France, nous allons le valoriser.