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25/07/2016

2000 projets en lice pour profiter du plan Juncker

Innovation & Entreprises

2000 projets en lice pour profiter du plan Juncker

Le secteur du bâtiment est un des secteurs pouvant espérer profiter des 315 milliards du Plan Juncker [Shutterstock]

L’Union européenne a dressé une liste de près de 2.000 projets d’un montant global de 1.300 milliards d’euros susceptibles d’être candidats à son plan d’investissement de 315 milliards d’euros. De son côté, la France a soumis une liste indicative de 32 projets à Bruxelles. 

Les projets susceptibles de profiter du la manne du plan de 315 milliards d’euros annoncé par Jean-Claude Juncker sont légions. Selon un document que s’est procuré Reuters, ils sont plus de 200 à l’échelle de l’UE à pouvoir espérer décrocher un financement.  

À l’initiative du nouveau président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, les États membres de l’UE ont soumis à l’exécutif européen des projets qu’ils espèrent voir retenus. Cela va d’un nouveau terminal aéroportuaire à Helsinki à des systèmes de lutte contre les inondations en Grande-Bretagne en passant par un programme de construction et de réhabilitation des bâtiments publics en France pour améliorer leur efficacité énergétique.

Liste de voeux

« Au total, près de 2.000 projets ont été identifiés, pour un coût d’investissement total de 1.300 milliards d’euros, dont 500 milliards à réaliser dans les trois prochaines années », précise le document, dont les conclusions doivent être débattues par les ministres des Finances de l’UE mardi 9 décembre.

Dans cette liste, qui n’est pas définitive, on trouve aussi un programme de rénovation immobilière aux Pays-Bas, la construction d’un nouveau port en Irlande ou encore la création d’une ligne ferroviaire à haute vitesse entre l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie et la Pologne pour un montant de 4,5 milliards d’euros.

La Commission européenne espère que les premiers projets sélectionnés pourront commencer à attirer les investisseurs dès le mois de juin.

>>Lire: La Commission dévoile son plan d’investissement de 315 milliards d’euros

Moins d’un mois après son arrivée à la tête de l’exécutif européen, Jean-Claude Juncker a présenté le 26 novembre un projet de Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS) qui devrait permettre de mobiliser 315 milliards d’euros, essentiellement privés, sur trois ans.

32 projets français

De son côté, le gouvernement français a dressé une liste de 32 projets, pouvant représenter 48 milliards d’euros d’investissements pour 2015-2017, a révélé  le quotidien Les Echos, soit beaucoup moins que l’Italie et que la Grande-Bretagne, mais davantage que l’Allemagne.

Les grandes priorités de la France s’articulent autour du numérique et de l’innovation, qui représentent  40% du montant des projets français, mais aussi du secteur du transport, de l’énergie et de l’éducation.

>>Lire: Les patrons français mobilisés pour un plan d’investissement européen

Parmi les projets d’infrastructures sur la liste française figure un certain nombre de projets emblématique, que la liaison ferroviaire Charles-de-Gaulle Express (300 millions d’ici à trois ans),ou encore le projet de métro Grand Paris Express.

Marché avec la BCE

L’objectif est d’éviter à l’UE de s’engluer dans une période de stagnation économique prolongée alors que l’investissement atteint des niveaux historiquement faibles.

La Commission mise sur un effet d’entraînement et prévoit de mettre sur la table huit milliards d’euros, qui permettraient eux-mêmes de doter le FEIS de 21 milliards d’euros. Dans le scénario espéré par l’exécutif européen, ces 21 milliards d’euros doivent à leur tour permettre de mobiliser au total 315 milliards d’euros d’investissements sur trois ans par effet de levier.

La somme totale pourrait même atteindre 500 milliards d’euros. Pour cela, les États membres de l’UE peuvent eux aussi injecter de l’argent qui ne serait alors pas pris en compte dans l’évaluation des politiques budgétaires au regard des règles européenne en matière de maîtrise des comptes publics.

Alors que l’Europe se débat avec une croissance atone, un chômage de masse et une inflation faible, ce plan est perçu par certains observateurs comme un marché implicitement conclu entre les États membres et la Banque centrale européenne (BCE).

Dans ce cadre, les pays de l’UE s’engageraient à des réformes de compétitivité et à investir et ils laisseraient la BCE se lancer dans une politique d’assouplissement quantitatif consistant par exemple à acheter des obligations d’Etat, pour injecter de l’argent dans l’économie.

Contexte

Le nouveau président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait annoncé un plan de mobilisation de 300 milliards d'euros pour relancer l'économie européenne.

Le commissaire à l'emploi, la croissance, l'investissement et la compétitivité, Jyrki Katainen espérait que le paquet comprenne un partenariat public-privé, une plus grande capacité de prêt pour la BEI, ainsi que d'autres organes de prêt de l'Union, un plus grand nombre « d'investissements » par les États membres dans les domaines comme les infrastructures et la réalisation du marché unique.

Les détails du plan ont été dévoilés le 25 novembre et seront présentés à la réunion du Conseil européen en décembre. Le capital de la Banque européenne d'investissement (BEI), basée à Luxembourg, est au centre de ce projet, qui prévoit la création d’un Fonds européen d'investissements stratégiques, ainsi que des instruments permettant à la BEI de prendre plus de risques dans ses investissements.

La solidarité envers les pays du sud de l’Europe durement touchés par la crise et l’austérité est également un point important du plan Juncker.