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04/12/2016

Sigmar Gabriel opposé au statut d’économie de marché pour la Chine

Innovation & Entreprises

Sigmar Gabriel opposé au statut d’économie de marché pour la Chine

Sigmar Gabriel a pris position contre l'octroi statut d'économie de marché à la Chine.

Foto: dpa

Le numéro 2 du gouvernement allemand et ministre de l’Économie Sigmar Gabriel s’est dit opposé à l’octroi par l’UE du statut d’économie de marché à la Chine, selon l’hebdomadaire allemand Der Spiegel.

Le statut d’économie de marché ne devrait pas être accordé à Pékin, a affirmé Sigmar Gabriel en amont d’une visite de la chancelière Angela Merkel en Chine.

« Si un pays veut obtenir à l’échelle internationale le statut d’économie de marché, il ne doit pas se comporter comme une économie dirigée par l’État », a dit M. Gabriel, dirigeant social-démocrate allié au gouvernement avec la chancelière conservatrice qui se rend en Chine du 12 au 14 juin pour des consultations gouvernementales lors desquelles ce thème devrait être abordé.

>>Lire : La reconnaissance de la Chine comme économie de marché divise l’UE

« La Chine n’obtiendra le statut d’économie de marché uniquement lorsqu’elle se comportera comme une économie de marché », a-t-il insisté.

L’UE doit décider à l’été si son deuxième partenaire commercial obtiendra ce statut qu’il convoite alors que nombre d’États européens et d’industriels craignent un tel changement, car il pourrait déboucher sur une forte baisse des droits de douane et ouvrir davantage les portes aux produits chinois et menacer l’emploi.

Dumping sur l’acier

De nombreux industriels européens accusent déjà la Chine de vendre à perte, notamment dans le secteur de l’acier. La Commission européenne a-t-elle jugé en mai qu’octroyer le statut d’économie de marché à la Chine serait « intenable » et priverait l’UE de ses armes notamment douanières « face aux pratiques commerciales déloyales ».

Le Parlement européen a aussi voté massivement –un résultat non contraignant– contre l’octroi du statut au géant asiatique, afin de « garantir un cadre équitable aux industriels européens et de protéger l’emploi ».

>>Lire l’interview : «La Chine a déjà une économie de marché »

A son entrée dans l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) en 2001, la Chine avait été enregistrée comme une économie non marchande, avec la promesse d’un réexamen de son statut quinze ans plus tard, en 2016.

Une option alternative pour l’UE consisterait à n’octroyer qu’un changement partiel de son statut, avec des exceptions pour des secteurs particulièrement menacés, une stratégie adoptée par les États-Unis.

>> Lire : Le Parlement se dresse contre le statut d’économie de marché de la Chine

 

Contexte

Les relations entre l'UE et la Chine ont été établies en 1975 et sont régies par l'accord de commerce et de coopération de 1985 ainsi que par sept autres accords contraignants.

Outre la rencontre annuelle des dirigeants, ces accords s'articulent autour de trois piliers principaux : le dialogue économique et commercial de haut niveau (lancé en 2007), le dialogue stratégique (2010) et le dialogue direct de haut niveau (2012).

La Chine est la troisième plus grande économie au monde, après les États-Unis et l'UE. Ces dix dernières années, les flux commerciaux et financiers croissants entre l'UE et la Chine ont considérablement renforcé leur interdépendance économique. L'UE est le premier partenaire commercial de l'empire du Milieu, qui est à son tour son second partenaire commercial principal.

En 2012, les dirigeants européens et chinois ont accepté d'intensifier les discussions techniques pour « commencer dès que possible » à négocier un accord sur les investissements.