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11/12/2016

Europol élargit ses compétences en ligne

Innovation & Entreprises

Europol élargit ses compétences en ligne

Certains militants craignent qu'Europol n'obtiennent trop de droits sur les informations en ligne.

[rolf royce/Flickr]

L’agence policière Europol souhaite effacer la propagande terroriste d’Internet et inscrire cette pratique dans la législation européenne. Les militants pour la protection des données sont sceptiques. Un article de notre partenaire Der Tagesspiegel.

À première vue, ça a tout l’air d’une offre amicale, sans trop de conséquences : Europol entend demander aux fournisseurs de contenus, comme Facebook, Twitter et Google Drive, de supprimer le contenu malveillant « volontairement ». Une proposition de réforme dans ce sens a été présentée au parlement le 11 mai.

Si les eurodéputés valident le texte comme prévu, ce sera la première action de l’UE pour renforcer Europol, l’agence policière européenne, depuis les attentats de Paris, en novembre 2015. L’agence pourra alors demander à Facebook et Cie de retirer la propagande terroriste de leurs sites.

Sylvia-Yvonne Kaufmann, du S&D fait partie des eurodéputés qui soutiennent cette mesure. « L’incitation à la haine et à la violence en ligne peut entrainer des vrais crimes dans la réalité », souligne-t-elle. « Il est évident que le contenu illégal accessible au public devrait être immédiatement supprimé d’Internet. »

>> Lire : Les eurodéputés réclament un vote de principe sur le transfert de données

Plus de pouvoir à Europol

Le type de contenu visé serait pas exemple la vidéo publiée au lendemain des attentats de Paris, dans laquelle Daech menace tous les pays membres de la coalition anti-EI d’autres attaques.

Pour contrer ce genre de menace, les autorités de police de 12 États membres ont formé l’unité de l’UE chargée du signalement des contenus sur Internet en juillet dernier, sous l’égide d’Europol. Les agents de cette unité parcourent les sites accessibles au public pour trouver des contenus de nature terroristes. À ce jour, 4 700 contenus ont été examinés et l’unité a demandé la suppression de 3 200 d’entre eux.

Les défenseurs de la protection des données suivent pourtant ces évolutions avec méfiance. Ils craignent qu’Europol ne devienne une sort de « super autorité » des données, surtout parce que l’agence sera en mesure de demander que les fournisseurs de services Internet livrent des informations supplémentaires sur les utilisateurs visés, comme leurs activités sur des sites dont Europol n’a pas encore connaissance.

>> Lire : Les 28 proposent de renforcer Europol dans la lutte anti-terrorisme

Craintes infondées

La plupart des eurodéputés semblent pourtant trouver ces craintes infondées. Ils soulignent que contrairement à son cousin américain, le FBI, Europol ne peut pas intervenir dans des États membres individuels et se limite à soutenir les autorités de police nationales.

Jan Philipp Albrecht, eurodéputé Verts/ALE, estime que cette mesure est une « étape importante dans la coopération entre les agences de polices nationales dans le cadre d’Europol ». « Si une demande de suppression ne vient que d’un État membre, l’entreprise qui la reçoit a une marge importante pour ne pas s’y soumettre », indique-t-il.

Jan Philipp Albrecht insiste pourtant pour que la définition de ce qui constitue ou non un contenu terroriste soit du ressort des autorités de police, et non laissée au bon vouloir de sociétés privées de la Silicon Valley.

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