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05/12/2016

Bruxelles lance un plan de réformes pour préparer l’UE à la 5G

Innovation & Entreprises

Bruxelles lance un plan de réformes pour préparer l’UE à la 5G

L'arrivée de la 5G signifie l'entrée dans l'ère de l'internet des objets.

La Commission européenne a dévoilé le 14 septembre un projet de réforme dans les télécoms visant à stimuler l’investissement dans le haut débit pour préparer l’UE à la 5G et rester compétitif face aux États-Unis et à l’Asie.

« Nous proposons de déployer complètement la 5G, la 5e génération de téléphone mobile, dans toute l’Union européenne en 2025 », a déclaré le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, lors de son discours programme annuel sur l’état de l’Union au Parlement européen.

La 5e génération de la téléphonie mobile, dont le lancement commercial mondial aura lieu en 2020, doit consacrer l’avènement de « l’internet des objets » dans divers domaines.

Elle se veut ainsi l’outil de communication d’un monde de la connexion généralisée qui va révolutionner le quotidien, non seulement pour les smartphones, tablettes, ordinateurs, mais aussi pour les thermostats, voitures, camions, immeubles, machines industrielles, compteurs électriques, interventions médicales.

Or, pour franchir ce saut qualitatif, l’UE a besoin de s’équiper davantage en réseaux très haut débit, comme la fibre optique. Des investissements très onéreux que les anciens tenants du monopole, comme Orange ou Deutsche Telekom, ne peuvent pas forcément réaliser seuls.

L’idée est désormais d’inciter à la dépense aussi bien les entreprises arrivées sur le marché au moment de sa libéralisation, que les anciens tenants du monopole en dérégulant l’accès au réseau.

>> Lire : L’UE prête à assouplir les règles de concurrence pour favoriser le haut débit

« C’est une petite révolution : il n’y a plus d’un côté les opérateurs historiques et les nouveaux entrants, il y a les investisseurs dans les technologies d’avenir et les autres », a expliqué à l’AFP Grégoire Verdeaux, directeur international du britannique Vodafone.

Même enthousiasme de la part d’Orange : « L’allègement de la régulation des réseaux fibre ouverts au co-investissement peut réellement changer la donne pour améliorer les déploiements de la fibre auprès des citoyens », a déclaré de son côté Pierre Louette, son directeur général adjoint.

En France, le modèle de co-investissement existe déjà : Orange et Free se sont ainsi entendus il y a maintenant cinq ans pour cofinancer les réseaux en fibre optique dans des zones peu et moyennement peuplées.

Tout en saluant « les mesures ambitieuses visant à offrir un accès au haut débit à tous les citoyens européens », le Bureau européen des consommateurs (BEUC) a promis d’être attentif aux éventuelles hausses de prix en cas d’une concurrence moindre.

L’exécutif européen propose également de réduire les écarts de réglementation européenne entre les opérateurs de télécommunications traditionnels, d’une part, et les services concurrents sur internet, comme Skype ou WhatsApp, de l’autre.

Les opérateurs traditionnels se plaignent en effet d’être soumis à une réglementation plus contraignante que celle imposée à leurs concurrents.

Par exemple, les règles de sécurité des réseaux applicables à ces nouveaux services (Skype, WhatsApp) dits « over the top » (OTT) ne sont actuellement « pas comparables avec celles qui s’appliquent aux opérateurs traditionnels ».

« Il faut stimuler l’innovation des nouveaux [acteurs], mais créer en même temps des règles du jeu équitables pour tout le monde », préconise la Commission.