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03/12/2016

La Commission veut faciliter l’accès aux données satellites

Innovation & Entreprises

La Commission veut faciliter l’accès aux données satellites

Maroš Šefčovič and Elżbieta Bieńkowska [Commission européenne]

Bruxelles veut accroître le rôle des entreprises européennes dans l’industrie spatiale en facilitant l’accès aux données satellites, qui pourraient aider des secteurs de plus en plus dépendants des données comme la construction automobile ou l’agriculture.

Une nouvelle stratégie de la Commission vise à améliorer les conditions des entreprises privées pour qu’elles puissent utiliser les données des satellites financés par l’UE.

La Commission a mis de côté 12 milliards d’euros jusqu’en 2020 pour financer des projets dans l’espace. Galileo, un système de positionnement par satellite, produit déjà des données utilisées pour prévoir des catastrophes naturelles. Les données du vaisseau spatial Copernicus, également financé par l’UE, pourraient être utilisées par des entreprises pour installer Internet dans des endroits isolés et utiliser les satellites pour mieux développer les technologies de navigation des voitures sans conducteur.

La commissaire européenne en charge du marché interne, Elżbieta Bieńkowska, a déclaré aux journalistes le 26 octobre que ces programmes étaient « deux des systèmes satellites les plus avancés du monde ». Les sociétés basées en UE représentent la deuxième plus grande industrie de l’espace, après les Etats-Unis.

Dans son rapport annuel, la Space Foundation américaine estime que les entreprises privées ont produit 3,7 % de plus de produits de l’espace en 2015 qu’en 2014, et que l’économie de l’espace mondiale a généré quelque 296 milliards d’euros.

L’industrie spatiale européenne est estimée à entre 46 et 54 milliards d’euros, soit 21 % du total mondial, montrent les estimations de la Commission.

Les entreprises européennes sont cependant en concurrence avec les fabricants américains, largement aidés par les agences gouvernementales américaines, dont la NASA et le ministère de la Défense.

>> Lire : Non, Space X n’a pas mis KO l’Europe spatiale

Le nouveau plan de l’UE consiste à donner envie aux entreprises de travailler avec les données de l’espace. Le vice-président de la Commission, Maroš Šefčovič, a qualifié le secteur spatial des États-Unis de « dynamique » et a ajouté qu’il voulait que l’UE retienne ses experts de l’espace, attirés par des opportunités d’emploi dans le reste du monde. L’Inde et la Chine investissent aussi de plus en plus dans les industries spatiales.

« La position de l’Europe dans le monde ne peut pas être prise pour acquise », a rappelé Maroš Šefčovič.

La Commission européenne lancera trente satellites dans les dix à vingt prochaines années pour produire davantage de données de l’espace que les entreprises privées pourront utiliser, a expliqué le commissaire. L’UE possède actuellement huit satellites en orbite.

Elżbieta Bieńkowska a déclaré aux journalistes qu’elle voulait faciliter l’accès aux données aux startups européennes. « Nous devons développer un véritable marché européen pour des applications et des services spatiaux. La clé est d’améliorer l’accès aux données spatiales, surtout pour les startups. »

Lenard Koschwitz, directeur des affaires européennes pour l’association Alliance for Startups, estime quant à lui que les données spatiales peuvent bénéficier aux startups seulement si ces dernières sont capables de les analyser.

Or, paradoxalement, l’exécutif empêche aussi les entreprises d’utiliser les données. Un projet de loi sur le droit d’auteur proposé en septembre par la Commission pourrait en effet restreindre l’analyse des données par les entreprises.

« Les données satellites permettent d’envoyer un drone d’un point A à un point B mais si vous les combiner avec d’autres données telles que la météo ou celles du vaisseau le plus proche, cela peut sauver des vies grâce à l’analyse de données », a commenté Lenard Koschwitz.