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01/10/2016

La twittosphère n’a pas envie de quitter l’UE

Innovation & Entreprises

La twittosphère n’a pas envie de quitter l’UE

Un compte Twitter soutenant la campagne pro-UE. [Stronger In]

Plus de 1,5 million de tweets mentionnant le Brexit ont été publiés ces deux dernières semaines, dont une majorité sont en faveur de l’UE, selon l’analyse du consortium SSIX.

Au matin du 21 juin, 62 % des tweets sur le référendum expriment la volonté que le Royaume-Uni reste membre de l’UE, selon les données analysées par un groupe de chercheurs.

Le consortium SSIX est un groupe restreint de spécialistes et d’entreprises de la technologie qui se concentre sur l’analyse de données. Le groupe a passé au crible les tweets anglophones traitant du Brexit dans toute l’Europe, recensant que 73,1 % des utilisateurs Twitter actifs sur le sujet étaient britanniques.

Derrière le Royaume-Uni, ce sont les Pays-Bas qui se sont le plus exprimés sur le Brexit sur Twitter, publiant plus de 10 % des tweets analysés.

Les tweets provenant d’Irlande représentent 3 % du total, tandis que 2 % étaient grecs. La Belgique, la France, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie enregistrent toutes moins de 2 % de l’ensemble des tweets sur le Brexit.

Les tweets pro-Brexit l’emportent

Les chercheurs de SSIX ont exploité les tweets publiés à partir du 10 juin, mesurant l’intensité de leur soutien pour le Brexit ou pour l’UE.

En partenariat avec EurActiv, SSIX a partagé les données recueillies sur le Brexit. Le journal allemand Handelsblatt est également partenaire du consortium.

Volume of Tweets from 14 June to 21 June. Remain is shown in blue, Leave in orange.

Humour anglais

Laurentiu Vasilu, PDG de Peracton, une entreprise de logiciel de Dublin, spécialisée dans l’analyse de données financières et membre du consortium SSIX, a confié qu’il était difficile de juger si les tweets étaient pour ou contre le Brexit, en raison de l’humour britannique.

« L’ironie et le sarcasme ont été de véritables défis », a-t-il expliqué. « On pouvait voir un tweet incitant à ‘voter Brexit’, mais en cliquant sur le lien, Donald Trump apparaissait avec une citation, et c’était évident que l’utilisateur ne défendait absolument pas le Brexit », ajoute-t-il.

Le logiciel élaboré par SSIX a également comptabilisé les tweets neutres ou exprimant du désintérêt pour le Brexit. Ils n’ont cependant pas été pris en compte dans le calcul des tweets affichant un avis tranché.

Laurentiu Vasilu a affirmé que les chercheurs utilisent des données anonymes et ont programmé un algorithme pour classer automatiquement les tweets. Ils n’ont pas enregistré les profils ou noté les tweets qui avaient eu le plus de succès.

Selon les informations auxquelles le PDG de Peracton a eu accès, les tweets analysés pendant ces deux semaines proviennent de différentes catégories d’âge.

Le pourcentage des tweets entre le 14 et le 21 juin, pour « Leave » en orange et « Remain » en bleu. Le 21 juin, « Remain » représentait 62 % des intentions de votes.

Laurentiu Vasilu prépare le projet d’exploitation des données qui sera repris pour les élections présidentielles aux États-Unis en novembre et pendant la campagne électorale du Bundestag allemand en automne 2017. D’ici là, il espère pouvoir également rassembler les données des autres réseaux sociaux pour estimer quel candidat est en tête.

D’autres réseaux sociaux ont déjà relevé leurs propres informations sur la communication de leurs utilisateurs sur le Brexit. Si SSIX utilise un logiciel d’exploitation des données pour mesurer les tendances politiques des utilisateurs de réseaux sociaux, Facebook et Google mesurent la popularité des thématiques. Les entreprises n’ont pas indiqué si leurs utilisateurs étaient plutôt pro-Brexit ou non.

Sur Facebook et Google, une majorité de pro-Brexit

Plus de 525 000 personnes sont inscrites dans le groupe Facebook ‘Vote Leave’, alors que 521 000 personnes sont membres du groupe ‘Britain Stronger in Europe’.

Parmi les utilisateurs Facebook britanniques, le sujet de discussion le plus courant entre le 5 mars et le 7 juin était l’économie, suivi de l’immigration et de la santé.

La majorité des Britanniques ayant publié sur le Brexit sur Facebook étaient âgés de 25 et 44 ans et plus de la 52 % d’entre eux sont des hommes.

Facebook récolte plus d’informations personnelles sur ses utilisateurs telles que l’âge et le sexe. SSIX, en revanche, n’a utilisé que l’emplacement géographique s’il est renseigné.

Google a créé un site, sur les réactions au Brexit, classifiant les questions les plus fréquentes et la popularité du Brexit dans la barre de recherche des autres pays de l’UE. D’après les résultats, depuis le 15 juin les recherches au sein du Royaume-Uni concernant le Brexit sont plus fréquentes que les recherches concernant un maintien dans l’UE.

Le 21 juin, le nombre des recherches sur le Brexit est monté en flèche, obtenant un indice de 100 dans les recherches Google, contre 38 seulement pour les recherches pro-UE.

 

 

L’immigration, recherche numéro un sur Google

Depuis fin mai, les utilisateurs de Google en Angleterre surtout ont cherché comment le Brexit influerait l’immigration, mais aussi le système national de santé (voir graphique ci-dessous).

Les données de Google sur la fréquence à laquelle les citoyens des autres pays européens ont cherché des informations sur le référendum placent l’Irlande en tête. En deuxième place se trouve Malte qui est suivie de la Chypre et le Luxembourg.

>> Lire : Les petites places financières s’inquiètent du Brexit