Hollande critique les sanctions américaines contre les firmes européennes

François Hollande a critiqué les sanctions américaines contre la Deutsche Bank et d’autres entreprises européennes, déplorant « un excès de pouvoir pour récupérer de l’argent et une insuffisance de pouvoir pour faire la paix », dans une interview à L’Obs.

Comme on lui demandait si ces sanctions et celles prononcées contre d’autres grandes entreprises européennes et françaises traduisaient un pouvoir excessif des Américains, le chef de l’État a répondu sans ambages : « Oui ».

Déséquilibres

« C’est pourquoi je veux que l’Europe dispose des mêmes pouvoirs pour sanctionner des groupes américains », a-t-il ajouté, relevant que « quand la Commission poursuit Google ou des géants du numérique qui ne payent pas les impôts qu’ils devraient acquitter en Europe, l’Amérique s’offusque ».

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« Elle est pourtant sans aucune gêne quand il s’agit de demander 8 milliards à la BNP ou 5 milliards à la Deutsche Bank » et « c’est pour ces raisons que j’avais dit qu’il ne peut pas y avoir d’accord sur le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP) tant que perdureront ces déséquilibres dans les relations et ce défaut de réciprocité », fait-il valoir.

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La Deutsche Bank est menacée par une amende record (14 milliards de dollars) du département américain de la Justice pour avoir vendu des crédits immobiliers « subprime » responsables de la crise financière. Ce montant pourrait toutefois être ramené à 5,4 milliards de dollars, selon une source proche du dossier.

Dans cette interview, François Hollande rappelle par ailleurs qu’en août 2013, « la France était prête à frapper le régime syrien, qui avait franchi la ligne rouge en recourant à des armes prohibées par toutes les conventions internationalesé », mais que ses « partenaires y ont renoncé », dans une allusion aux États-Unis et au Royaume-Uni.

« Ce signal a été interprété comme une faiblesse de la communauté internationale (…) qui a provoqué la crise en Ukraine, l’annexion illégale de la Crimée et ce qui se produit en Syrie en ce moment même », poursuit-il.

Interrogé par l’Obs, le président français assure cependant qu’il n’a pas le sentiment d’avoir été lâché par son homologue américain Barack Obama: « Non. Il voulait être fidèle à sa promesse de campagne de ne plus engager les États-Unis sur des théâtres d’opérations extérieures ».