EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

26/09/2016

Hollande prône pour l’instant le « non » au TTIP

Innovation & Entreprises

Hollande prône pour l’instant le « non » au TTIP

François Hollande s’est déclaré  opposé « à ce stade » à la conclusion d’un traité de libre-échange entre l’Union européenne et les États-Unis, une position loin d’être partagée par ses grands partenaires européens, beaucoup plus allants.

L’exécutif français a récemment multiplié les déclarations dans ce sens, mais le chef de l’État n’avait encore jamais formulé un tel « non » à un accord qui pourrait se révéler politiquement périlleux à l’approche de la présidentielle.

« À ce stade, la France dit “non” dans l’étape que nous connaissons des négociations commerciales internationales », a-t-il déclaré lors d’un discours prononcé devant un parterre de socialistes.

Ce faisant, il a fait écho à son secrétaire d’État au commerce extérieur, Matthias Fekl, selon qui un arrêt des discussions États-Unis-UE apparaît aujourd’hui comme « l’option la plus probable ».

>> Lire : Le gouvernement français juge probable l’arrêt des négociations du TTIP

À droite, le TTIP – également appelé Tafta, pour Trans Atlantic Free Trade agreement – ne recueille pas non plus les faveurs de François Fillon, Bruno le Maire ou Nicolas Sarkozy, tous trois candidats réels ou pressentis à la primaire.

Ailleurs, les opinions publiques font preuve de méfiance à l’égard d’un éventuel accord, parfois perçu comme un instrument de la domination américaine et/ou une menace pour la sécurité alimentaire et environnementale en Europe.

Mais les gouvernements, qui ont confié les négociations à la Commission européenne, penchent pour certains pour le « oui » à un compromis, à même selon eux de doper la croissance en favorisant les échanges entre les deux rives de l’Atlantique.

Ses partisans parlent de 100 milliards de dollars d’activités supplémentaires générés aux États-Unis et en Europe.

Augmenter le produit intérieur brut

En Allemagne, Angela Merkel y est favorable et, au Royaume-Uni, David Cameron a plusieurs fois apporté son soutien à la poursuite de ces négociations-marathon, entamées en 2013.

« Certes, il faut être vigilant », a déclaré mardi le secrétaire d’État italien aux Affaires européennes, Sandro Gozi, sur Europe 1.

Toutefois, « nous pensons que cet accord nous permettra d’augmenter le Produit intérieur brut et les opportunités pour les entreprises italiennes et européennes », a ajouté ce collaborateur de Matteo Renzi. « Il faut tout faire pour avancer. »

Sandro Gozi rejoint en revanche le gouvernement français sur l’idée qu’il sera difficile d’arracher un accord avant la fin du mandat de Barack Obama, partisan résolu du TTIP, en janvier 2017 compte tenu des divergences persistantes entre négociateurs.

>> Lire : Quand Trump favorise les négociations du TTIP

Lundi, Greenpeace a affirmé que le Tafta accorderait trop de poids aux multinationales, au détriment des consommateurs et des gouvernements, et altérerait les normes de sécurité en vigueur dans l’UE.

Selon l’ONG, qui s’appuie sur des documents confidentiels portant sur une partie des négociations, les États-Unis veulent substituer une approche plus souple au « principe de précaution européen », lequel interdit la commercialisation de produits lorsqu’il existe un doute sur leurs effets.

La commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a répondu à ces allégations, selon elle fausses, en disant que le principe de précaution était un acquis communautaire.

>> Lire : Pour Bruxelles, les fuites du TTIP sont «une tempête dans un verre d’eau»

Elle a par ailleurs appelé les gouvernements européens à faire preuve de pédagogie sur le sujet auprès de leurs citoyens.