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28/09/2016

Le plan Juncker à la rescousse des PME grecques

Innovation & Entreprises

Le plan Juncker à la rescousse des PME grecques

Le Fonds européen pour les investissements stratégiques se servira des banques grecques renflouées pour diriger des investissements vers les  PME.

Lors d’une conférence organisée par la Banque centrale européenne, le vice-président de la Commission, chargé notamment de l’investissement et de l’emploi, Jyrki Katainen, a assuré qu’Athènes pouvait s’attendre à de bonnes nouvelles pour son économie stagnante dans un avenir proche.

« Je peux vous promettre que dans les quelques prochains jours vous entendrez les premières bonnes nouvelles sur le fonctionnement du Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS) en Grèce », a expliqué le commissaire, ajoutant qu’il se rendrait en Grèce dans les semaines à venir pour encourager le secteur privé.

« Je voudrais discuter avec les banques, pour voir comment elles augmenteraient leurs placements dans les PME avec le soutien du FEIS. Il est très important pour moi, mais aussi pour l’ensemble de la Commission, de nous assurer que le FEIS, qui a pour objectif de financer le risque, peut aussi fonctionner en Grèce », a-t-il assuré.

>> Lire : Le plan Juncker dans les starting-blocks

Une manne pour les PME

Jyrki Katainen a également fait remarquer qu’il existait une incompréhension généralisée quant aux grands projets d’infrastructure publique. « L’argent du plan Juncker ne peut être utilisé que dans le cadre d’un investissement privé ou d’un partenariat public-privé », a-t-il rappelé, ajoutant que les PME pourraient en bénéficier.

« Les PME ont besoin d’une banque intermédiaire. C’est un des sujets que je voudrais aborder avec les banques grecques. À présent qu’elles ont été renflouées, elles peuvent se remettre à prêter, avec le soutien du FEIS », a-t-il indiqué.

La Grèce a plus besoin d’investissements que tous les autres pays européens, souligne le commissaire. « Je pense réellement que le secteur des PME grecques peut être un moteur de création d’emplois à court terme. »

Premiers projets grecs

Le premier projet grec du FEIS a été lancé. Le gouvernement d’Athènes accélère par ailleurs la préparation de projets potentiels à soumettre au fonds.

Le 31 mars, George Stathakis, ministre grec à l’Économie, a présenté sa sélection de 42 projets qui pourraient être financés, pour un total possible de 5,6 milliards d’euros dans le cadre du plan Juncker. 18 de ces projets sont entièrement privés, le reste sont des partenariats public-privé.

Le bureau athénien de la Banque européenne d’investissement a expliqué à EurActiv que ses membres étaient en contact avec le gouvernement au sujet d’autres projets.

>> Lire aussi : Katainen : pouquoi il faudra investir en Europe en 2016

Contexte

La Commission a dévoilé en novembre 2014 le mécanisme de son nouveau plan d'investissement de 315 milliards d'euros.

L'argent qui alimentera ce plan sera investi prioritairement dans les pays du sud de l'Europe, durement touchés par la crise, dans un mouvement de solidarité entre les États membres.

>> Lire : La Commission dévoile son plan d'investissement de 315 milliards d'euros

L'idée sur laquelle a travaillé l'équipe du vice-président de la Commission, Jyrki Katainen, est celle de créer un nouveau Fonds européen pour les investissements stratégiques à partir de 5 milliards d'euros de la Banque européenne d'investissement (BEI) et la garantie d'une contribution 8 milliards d'euros de fonds européens existants, contribution susceptible d'être élargie jusqu'à 16 milliards.

La garantie de 8 milliards d'euros sera injectée sur trois ans et proviendra du mécanisme pour l'interconnexion en Europe (3,3 milliards), du programme de recherche Horizon 2020 (2,7 milliards) et d'une « marge budgétaire », c'est-à-dire des fonds non utilisés (2 milliards).

Le fonds pour les investissements stratégiques, de 21 milliards d'euros au départ, devrait générer quelque 240 milliards en investissements à long terme et 75 milliards pour les PME et les sociétés de moyenne capitalisation sur deux ans, entre 2015 et 2017.

La question du manque de liquidité se pose cependant, et certains eurodéputés ont qualifié le plan de « recyclage et réétiquetage » de programmes existants.

>> Lire : Le plan d’investissement de Juncker arrivera-t-il à générer assez de liquidités ?