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17/01/2017

La France espère engranger 40 milliards d’euros du plan Juncker

Innovation & Entreprises

La France espère engranger 40 milliards d’euros du plan Juncker

Le ministre de l'Economie est un des défenseurs d'une zone euro plus intégrée

[OFFICIAL LEWEB PHOTOS/Flickr]

La France espère engranger 40 des 315 milliards d’euros d’investissements issus du « plan Juncker » lancé au niveau européen, a déclaré mercredi le ministre français de l’Économie, Emmanuel Macron.

« Aller chercher 40 milliards d’euros de financement à l’horizon 2017, c’est cela l’objectif raisonnable compte tenu de ce que représente l’économie française dans l’économie européenne », a-t-il déclaré à la presse à l’issue d’une réunion à l’Élysée en présence du commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici.

La Banque européenne d’investissement (BEI) a signé la semaine dernière son premier accord de financement en fonds propres en France dans le cadre du plan d’investissement Juncker, sous la forme d’une prise de participation dans un fonds dédié aux énergies renouvelables. ( )

>>Lire : L’UE conclut un accord pour lancer le plan Juncker

La BEI a pris un ticket de 50 millions dans Capernergie 3, un fonds géré par la société de capital investissement Omnes Capital, dont l’objectif du fonds est de lever 200 millions d’euros.

La moitié de cet argent fait déjà l’objet d’engagements, dans le but de financer pour un milliard d’euros de projets dans les énergies renouvelables (éolien, solaire, biomasse, méthanisation).

>>Lire : La France en tête dans la chasse aux financements du plan Juncker

Au chapitre des autres secteurs appelés à faire l’objet d’investissements à l’avenir, Emmanuel Macron a cité les infrastructures, la recherche et le développement, la transition énergétique, le numérique et l’entreprise du futur.

Paris compte notamment sur le plan qui porte le nom du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, pour relancer une croissance indispensable à la lutte contre le chômage que François Hollande espère voir reculer l’an prochain. ( ).

>> Lire : Le plan Juncker démarre en France

Le thème de l’investissement sera à cet égard l’un des sujets majeurs de la rentrée, a fait savoir son entourage.

Contexte

La Commission a dévoilé en novembre 2014 le mécanisme de son nouveau plan d'investissement de 315 milliards d'euros.

L'argent qui alimentera ce plan sera investi prioritairement dans les pays du sud de l'Europe, durement touchés par la crise, dans un mouvement de solidarité entre les États membres.

>> Lire : La Commission dévoile son plan d'investissement de 315 milliards d'euros

L'idée sur laquelle a travaillé l'équipe du vice-président de la Commission, Jyrki Katainen, est celle de créer un nouveau Fonds européen pour les investissements stratégiques à partir de 5 milliards d'euros de la Banque européenne d'investissement (BEI) et la garantie d'une contribution 8 milliards d'euros de fonds européens existants, contribution susceptible d'être élargie jusqu'à 16 milliards.

La garantie de 8 milliards d'euros sera injectée sur trois ans et proviendra du mécanisme pour l'interconnexion en Europe (3,3 milliards), du programme de recherche Horizon 2020 (2,7 milliards) et d'une « marge budgétaire », c'est-à-dire des fonds non utilisés (2 milliards).

Le fonds pour les investissements stratégiques, de 21 milliards d'euros au départ, devrait générer quelque 240 milliards en investissements à long terme et 75 milliards pour les PME et les sociétés de moyenne capitalisation sur deux ans, entre 2015 et 2017.

La question du manque de liquidité se pose cependant, et certains eurodéputés ont qualifié le plan de « recyclage et réétiquetage » de programmes existants.

>> Lire : Le plan d’investissement de Juncker arrivera-t-il à générer assez de liquidités ?