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27/09/2016

L’accord de libre-échange avec le Japon plus prometteur que le TTIP

Innovation & Entreprises

L’accord de libre-échange avec le Japon plus prometteur que le TTIP

l’intérêt des Japonais risque de disparaître avec la sortie du Royaume-Uni du bloc.

[Toyota UK/Flickr]

L’accord de libre-échange avec le Japon pourrait faire croître de 0,8% l’économie européenne, alors que ne TTIP n’y contribuera qu’à hauteur de 0,5%, selon les extimation de la Commission. Un article d’EurActiv République tchèque.

L’accord de libre-échange entre l’UE et le Japon, dont les négociations ont commencé en 2013, devrait faire grimper le PIB européen de 0,8%. En comparaison, le partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP), ne boosterait l’économie que de 0,5%.

Le Japon est le deuxième partenaire commercial de l’UE en Asie, juste après la Chine. Les exportations européennes vers le pays du Soleil-Levant sont avant tout constituées de machinerie, de moyens de transport et de produits chimiques et agricoles. Selon les estimations de la Commission européenne, l’accord de libre-échange permettrait d’augmenter les exportations européennes à 32,7%.

Les négociations entre les deux parties se sont cependant étalées sur plus de trois ans, avec 16 cycles de négociation, dont le dernier s’est déroulé en avril à Tokyo. Le prochain cycle est prévu pour le mois de septembre. Lors du sommet du G7, qui s’est déroulé fin mai à Ise-Shima, au Japon, les représentants du Japon, de l’UE, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie et du Royaume-Uni ont assuré leur intention d’atteindre un accord politique, si possible cette année. La conclusion de cet accord a cependant déjà été repoussée.

>> Lire : Renzi prévoit un accord de libre-échange UE-Japon d’ici la fin de l’année

Le 16 juin, lors d’une rencontre à Tokyo, les représentants d’entreprises japonaises et européennes ont secondé cette volonté. « Dans une période d’incertitude économique au niveau mondial, cet accord offre une occasion unique de relancer la croissance dans deux des plus grandes économies du monde », ont déclaré les associations entrepreneuriales Keidanren et BusinessEurope.

Il reste cependant encore bien des points à clarifier. Si le Japon demande la suppression des droits de douanes européens dans les secteurs automobile et agricole, l’UE voudrait que les barrières non tarifaires japonaises soient abolies, en particulier dans les secteurs automobile et ferroviaire. Tokyo a déjà fait une série de concessions au mois de décembre, mais l’UE attend encore davantage de garanties avant de baisser ses droits de douanes.

Inquiétudes du secteur automobile

L’industrie automobile européenne est inquiète et a demandé à la Commission de se pencher sur l’impact de l’accord sur l’économie européenne. Les voitures japonaises se vendent en effet mieux sur le marché européen que les véhicules européens au Japon. Il faut cependant relativiser : seuls 32% des véhicules japonais vendus en Europe sont exportés d’Asie, le reste est en réalité produit dans des usines européennes.

Pour l’UE, l’accès aux marchés publics japonais est en revanche indubitablement amélioré par le projet d’accord. Les représentants du secteur ferroviaire européen dénonçaient depuis longtemps l’inégalité des conditions dans ce domaine, déjà libéralisé au sein de l’UE, mais pas au Japon.

L’eurodéputé tchèque Tomáš Zdechovský, du PPE, estime que l’Europe pourrait également tirer parti des investissements japonais. « On parle souvent des investissements chinois, en oubliant l’un de nos plus importants partenaires », souligne-t-il, ajoutant que le Japon est depuis toujours un allié démocratique et stable.

>> Lire aussi : L’UE veut ouvrir les marchés asiatiques aux produits laitiers européens