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26/09/2016

Le Forum de Davos s’ouvre sur fond de pessimisme

Innovation & Entreprises

Le Forum de Davos s’ouvre sur fond de pessimisme

HUBO, a multifunctional walking humanoid robot lifts a piece of wood in front of the logo on the opening day of the 2016 World Economic Forum meeting in Davos. Switzerland, Tuesday (January 19).

[World Economic Forum/swiss-image.ch]

Le forum de Davos, qui s’ouvre aujourd’hui (20 janvier) dans les Alpes suisses, se penche sur la quatrième révolution technologique. Une façon de lutter contre le pessimisme ambiant.

Organisé dans une station de ski des Alpes suisses, le Forum économique mondial est aussi un baromètre des affaires internationales. Et cette année, le monde ne semble pas au meilleur de sa forme.

Faisant écho au rapport des organisateurs, la société de conseil PwC a publié une enquête le 19 janvier, qui révèle que les directeurs d’entreprise sont moins optimistes quant à leur avenir que l’année dernière.

>> Lire : A Davos, la crainte d’une désintégration de l’UE

Selon une enquête menée auprès de 1 409 dirigeants d’entreprises dans 83 pays, seuls 27 % d’entre eux pensent que la croissance mondiale s’accélèrera ces 12 prochains mois, contre 37 % en 2015. L’étude de PwC indique que « dans ce pessimisme ambiant, les PDG en Inde (64 %), en Espagne (54 %) et en Roumanie (50 %) se montrent plus optimistes ».

Dans ce contexte, les responsables politiques et le PDG se réunissent à Davos pour savoir si la nouvelle vague de numérisation qui déferle sur les produits, les services et les processus de production pourrait servir de catalyseur pour retrouver la confiance en un avenir plus prospère.

Les partisans du techno-optimisme seront menés par le PDG de Microsoft, Satya Nadella, et le numéro deux de Facebook, Sheryl Sandberg. 

Les deux dirigeants donneront le ton du forum le mercredi 20 janvier, où l’absence des responsables politiques clés rappelle avec force que le monde traverse de nombreuses crises.

Débat avec Schäuble et Tsipras

La chancelière allemande, Angela Merkel, est la grande absente de Davos, puisqu’elle tente actuellement de faire face à la réticence de ses électeurs et des membres de son propre parti envers les réfugiés. L’Allemagne sera donc représentée par Sigmar Gabriel, vice-chancelier, et par Wolfgang Schäuble, ministre des Finances.

Wolfgang Schäuble, qui a remis en cause la politique d’immigration d’Angela Merkel, participera à un débat le jeudi 21 janvier sur l’avenir de l’Europe. Le ministre allemand a récemment émis l’idée d’une taxe sur l’essence pour financer l’accueil des réfugiés.

>> Lire : Moscovici favorable à une taxe sur l’essence pour financer la crise des réfugiés

Ce sera la première fois que Wolfgang Schäuble participe à un débat public avec le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, depuis qu’il a menacé la Grèce d’une sortie de la zone euro, en juillet 2015. Le Premier ministre français, Manuel Valls, et le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, aux commandes de l’UE pour ce semestre, prendront également part à la discussion.

Chine et Iran

Il n’y a pas que la crise des réfugiés qui préoccupe les grands pontes de l’UE. Les turbulences en Chine suscitent aussi l’inquiétude . Le vice-président chinois, Li Yuanchao, tentera de rassurer les dirigeants mondiaux sur les réformes mises en place par le gouvernement chinois pour stabiliser son marché financier et assurer la transition vers un modèle de consommation intérieure.

Pendant ce temps, l’Iran envoie son plus haut diplomate, le ministre des Affaires étrangères, Mohammed Javad Zarif, ainsi que le chef de cabinet du président, Mohammad Agha Nahavandian, pour attirer les investisseurs, dont le pays manque cruellement. Téhéran espère ainsi relancer ses industries pétrolières et gazières moroses.

Maintenant que les sanctions internationales sont partiellement levées, Téhéran cherche des investisseurs, notamment en Europe. Selon certaines estimations, l’Iran pourrait avoir besoin de plus de 200 milliards d’euros sur les cinq prochaines années. Les entreprises et gouvernements européens dépêchent déjà des envoyés pour explorer des nouveaux accords avec Téhéran. En effet, l’Europe est le deuxième plus grand importateur de pétrole et de gaz iraniens après la Chine.

Le secteur des combustibles fossiles a été la cible de violentes attaques lors de la session d’ouverture, le 19 janvier. Contrastant avec la rectitude politique habituelle du forum, Leonardo DiCaprio a fustigé la cupidité des entreprises des industries pétrolière et gazière, leur attitude de déni vis-à-vis du changement climatique depuis des années, et leur destruction de l’écosystème. « Assez, c’est assez ! », a martelé l’acteur, devenu militant écologiste. « C’est sur leurs épaules que l’Histoire fera peser la responsabilité de cette destruction », a-t-il affirmé.

Leonardo DiCaprio, récompensé pour son travail de protection de la planète, fait partie du Davos artistique et glamour aux côtés de Bono et de Kevin Spacey.

Plus d’un millier de chefs d’entreprises, 40 chefs d’État et de gouvernement et 12 commissaires européens participent aussi au forum de Davos de cette année.

Prochaines étapes

  • 20-23 janvier : Forum économique mondial de Davos, Suisse