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11/12/2016

Le Medef s’inquiète des conséquences du Brexit

Innovation & Entreprises

Le Medef s’inquiète des conséquences du Brexit

Pour Gérard Mestrallet, le président d'Engie, le Brexit a écorné le projet européen.

[World Economic Forum/Flickr]

L’impact du Brexit préoccupe les représentants du patronat français. Qui craignent que ce coup d’arrêt au projet européen ne plombe la relance économique de l’UE.

« À force de tourner en rond sur l’avenir de l’Europe, nous allons finir par nous faire dépasser par les grandes puissances en train d’émerger » a lancé le PDG d’Airbus, Fabrice Bréguer.

A l’occasion de la 18e université d’été qui s’est ouverte le 30 août à Jouy-en Josas, la question de l’avenir de l’Union européenne était sur toutes les lèvres.  Et les craintes de l’impact à long terme de la décision des Britanniques de quitter le bloc européen,  nombreuses.

>>Lire : Les patrons français mobilisés pour un plan d’investissement européen

« Depuis le Brexit, je me sens blessé », a confié Gérard Mestrallet, président d’Engie et de Paris Europlace, l’organisation en charge de promouvoir la place financière de Paris. « Pendant la campagne, nous avions acheté des espaces publicitaires pour dire aux Britanniques : on vous aime, restez ! » a poursuivi le dirigeant, lors de la conférence « L’Europe à reconstruire », qui a fait salle comble.

>>Lire : Les patronats français et grec font cause commune

Côté britannique, le patronat a également regretté la décision britannique. « Le Brexit n’est évidemment pas le résultat que les entreprises espéraient », a déploré Paul Dreschler, président de la CBI, la première organisation patronale du Royaume-Uni.

Fermeté à l’égard du Royaume-Uni

Le regret unanimement exprimé de voir le Royaume-Uni quitter le navire européen s’est aussi doublé d’un appel à la fermeté vis-à-vis du pays.

En effet, depuis le référendum du mois de juin, la question du départ effectif du Royaume-Uni demeure suspendue à l’activation de l’article 50 du traité de Lisbonne par Londres. Une étape indispensable pour ouvrir les négociations entre l’UE et le Royaume-Uni sur les modalités de leur séparation. Mais la nouvelle première ministre, Theresa May, n’a toujours pas fixé de date, laissant planer l’incertitude.

« L’Europe a eu du mal à se construire, elle aura certainement du mal à se déconstruire » a concédé Gérard Mestrallet. « Mais il faut maintenant faire preuve de fermeté à l’égard de la Grande-Bretagne ».

>>Lire : Les Medef allemands et français font cause commune

La crainte de voir la situation d’incertitude se prolonger avec le Royaume-Uni a été soulevée à plusieurs reprises lors de l’université d’été. « Le Brexit a écorné ce fantastique projet qu’est la construction européenne, à nous de ne pas détruire le reste », a prévenu Gérad Mestrallet.

Par ailleurs très critiques sur certains aspects du projet européen, comme l’abondance de normes ou la question de l’élargissement,  les patrons français ont cependant appelé à une relance effective de l’UE.

Approfondissement de la zone euro et réorganisation de la gouvernance économique, mais aussi approvisionnement commun en énergie, construction de l’Union des marchés de capitaux, sont autant de projets que les patrons français ont mentionnés.

« L’Europe a plein de défauts, mais que celui qui a une meilleure idée dans la salle se lève ! » a lancé en conclusion l’eurodéputée française Sylvie Goulard.

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