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04/12/2016

Le transport, moteur de l’économie collaborative?

Innovation & Entreprises

Le transport, moteur de l’économie collaborative?

Les transports, locomotive de l'économie collaborative.

[M-SUR/Shutterstock]

Selon une étude du cabinet PwC, sur près de 300 entreprises créées en Europe, celles spécialisées dans le transport collaboratif génèrent le plus de revenus. Un article de notre partenaire, La Tribune.

Les transports seraient la locomotive de l’économie collaborative, à en croire un récent rapport du cabinet PwC. Selon lequel, d’ailleurs, cette nouvelle forme d’économie n’en serait encore qu’à ses balbutiements puisque les revenus des plateformes des cinq principaux secteurs (finance, hébergement, transport, services à la personne et aux entreprises) devraient exploser dans dix ans en Europe.

D’après cette enquête réalisée à partir d’une étude commanditée par la Commission européenne, le chiffre d’affaires généré par les entreprises de l’ensemble de ces secteurs dépassera les 80 milliards d’euros d’ici dix ans, quand il tourne autour de 36 milliards aujourd’hui. Si les projections des experts sont exactes, le chiffre d’affaires augmenterait ainsi de 35% par an -soit dix fois plus vite que l’ensemble de l’économie-, tandis qu’il ne croît pour l’instant que de 4% par an.

Dans le détail, le secteur des transports (dont la plateforme de covoiturage Blablacar par exemple) représente actuellement près de la moitié du chiffre d’affaires de l’économie collaborative, à hauteur de 1,7 milliard d’euros.

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Très forte croissance pour les services à la personne

Cependant, la palme pourrait bien revenir aux plateformes de services à la personne (dont font partie les plateformes de livraison de repas à domicile Deliveroo ou encore celle de location de matériel et de services entre particuliers AlloVoisins) en matière de succès. Du moins, le secteur serait-il en passe de réaliser la croissance la plus rapide avec un chiffre d’affaires en hausse de 50% par an jusqu’en 2025.

Les experts précisent également que si les transports collaboratifs génèrent le plus de revenus, l’hébergement n’est pas en reste. Et enregistre même les transactions les plus importantes : 15 milliards d’euros, soit plus de la moitié des 36 milliards générés par ces cinq secteurs.

Concernant le montant total des transactions réalisées, il devrait atteindre quelque 570 milliards d’euros d’ici 2025. Sachant que, toujours selon les projections des experts de PwC, quatre de ces cinq secteurs pourraient chacun être à l’origine de 100 milliards d’euros de transactions par an.

85% du montant des transactions dans la poche des particuliers

Les auteurs notent d’ailleurs que les particuliers s’avèrent être les premiers gagnants de cette nouvelle économie en enregistrant 85% du total des transactions, toujours à l’horizon 2025, contre 15% pour les plateformes.

Précisons au passage qu‘un récent rapport commandé par la licorne française Blablacar, créée par Frédéric Mazella en 2008, mettait en lumière le fait que la confiance créée sur les plateformes collaboratives aurait des répercussions positives sur toute l’économie du partage. Près d’un sondé sur deux déclarait ainsi que le covoiturage l’avait rendu plus ouvert aux autres. De même, ceux qui ont déjà fait du covoiturage seraient jusqu’à trois fois plus susceptibles de se livrer à d’autres activités de l’économie du partage. Une sorte de cercle vertueux de la confiance.

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La France, moteur européen de l’économie collaborative

Notons à cet égard que la France ferait en outre figure de leader en Europe grâce à sa législation nationale favorable au développement des services collaboratifs. Et tirerait, avec le Royaume-Uni, l’économie collaborative européenne vers le haut, compte-tenu de la cinquantaine de start-up fondées dans chacun des deux pays, toujours d’après les auteurs de l’étude. Ceux-ci notent aussi que dans les neuf pays étudiés par le cabinet, au moins 275 entreprises ont été créées dans ce secteur.

Rappelons qu’en France, d’après l’Insee, c’est dans le secteur des transports que le nombre de créations d’entreprises a été le plus dynamique ces deux dernières années. Pourtant, de nombreuses plateformes estiment au contraire que la réglementation nationale ne facilite pas leur essor. Sur ce point, la Commission européenne avait estimé début juin que certes, cette nouvelle économie devait être encadrée, mais qu’il ne fallait pas non plus trop la brider dans la mesure où elle est la source de croissance de l’ensemble de l’économie désormais.

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