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07/12/2016

Les investisseurs allemands en France restent optimistes

Innovation & Entreprises

Les investisseurs allemands en France restent optimistes

2203 entreprises allemandes sont implantées en France (Credit: [Zerbor]/Shutterstock)

Les 2203 entreprises allemandes implantées sur le sol français se portent bien, mais les investisseurs allemands constatent une dégradation de la situation économique française. Ils veulent tout de même rester optimistes pour l’avenir.

La situation économique de la France s’est dégradée depuis 2012. C’est le constat que tire une étude bisannuelle de la Chambre de commerce et de l’industrie franco-allemande (AHK).

Délivrant le point de vue de 181 entreprises allemandes installées en France, le document intitulé « Les entreprises allemandes en France : Situation économique, perceptions et perspectives 2014-2017 », précise que 73 % des réponses à l’enquête mettent en avant que la situation économique actuelle de la France est « mauvaise » et 9 % estiment qu’elle est « très mauvaise ». Des chiffres en augmentation qui indiquent que les entreprises allemandes sont plus pessimistes qu’il y a deux ans, selon l’AHK.

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Selon l’AHK, l’Allemagne est le 2e investisseur étranger en France en nombre de projets et en nombre d’emplois créés après les États-Unis. En 2013, les investisseurs allemands ont comptabilisé 106 projets d’investissement à l’origine de 3641 emplois en France, selon l’Agence française pour les investissements internationaux. Un nombre en léger recul par rapport à l’année 2012 qui recensait 113 projets créant ainsi 4000 emplois. Selon l’agence, cela s’explique en partie par le ralentissement des décisions d’investissement dans les services aux entreprises et aux particuliers.

Par ailleurs, selon les chiffres de la direction générale du Trésor, 2203 entreprises allemandes sont implantées en France et emploient 310.000 personnes et générant ainsi un chiffre d’affaires de 148,3 milliards d’euros.

La France reste une valeur sûre

En 2014, les entreprises allemandes semblent moins satisfaites de leur activité dans l’hexagone par rapport à 2012. Cependant, 18 % d’entre elles jugent leur activité « bonne » en 2014 et 51 % la considèrent « satisfaisante ». Selon l’AHK, environ 60 % des entreprises allemandes interrogées ont réalisé en 2013 un chiffre d’affaires inférieur à 15 millions d’euros, et 25 % de plus de 50 millions d’euros.

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Parmi les principaux atouts de l’hexagone plébiscité par les entreprises allemandes, on retrouve le service aux clients, la compétitivité des prix, les infrastructures ou encore les conditions de vie pour les cadres expatriés.

En revanche, les investisseurs sont critiques sur la rigidité du marché du  travail, la fiscalité et les charges qui pèsent sur les entreprises, tout comme sur le poids des salaires et des charges sociales.

Les investisseurs attendent une action de la France

Même si leurs activités se portent bien en France, les investisseurs restent tout de même prudents notamment sur les dépenses d’investissement et sur la création d’emplois. En effet, malgré une croissance attendue du niveau d’activité, deux tiers des entreprises interrogées n’envisagent pas d’augmenter les embauches ni les dépenses d’investissement pour le moment.

Les investisseurs allemands restent cependant confiants sur l’avenir économique de la France. Seuls 33 % des questionnés prévoit une mauvaise année 2015. Selon l’enquête, de nombreuses entreprises allemandes seraient prêtes à investir en France, si celle-ci opère les transformations nécessaires pour regagner la confiance des investisseurs.

 « Les réformes entamées et annoncées par le gouvernement visent l’amélioration de la compétitivité des entreprises en France. Une mise en place rapide et efficace est plus que souhaitable » constate, Guy Maugis, le président de l’AHK, dans un communiqué.

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Contexte

Souvent tenue pour acquise, l'alliance franco-allemande remonte au 22 janvier 1963. À cette date, le chancelier allemand Konrad Adenauer et le président français Charles de Gaulle ont fait table rase d'inimitié multiséculaire entre les deux nations.

La ratification du traité de l'Élysée visait à réconcilier le partenariat entre la France et l'Allemagne et avait parallèlement pour but de jeter les bases communes pour une construction européenne.

Le binôme franco-allemand est souvent cité comme le moteur de la construction européenne. À eux deux, ils représentent jusqu'à 33 % de la population totale de l'Union européenne. Économiquement, ils correspondent à environ 36 % du budget européen et 37 % du PIB de l'Union européenne.

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