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04/12/2016

Les mesures choc de François Fillon en faveur de l’entrepreneuriat

Innovation & Entreprises

Les mesures choc de François Fillon en faveur de l’entrepreneuriat

François Fillon

[Fondapol/Flickr]

Le candidat à la primaire de la droite continue de dérouler son programme. Pour favoriser l’entrepreneuriat, il dresse un catalogue de mesures concrètes pour financer les PME et « les libérer des contraintes ».  Un article de notre partenaire, La Tribune.

Article initialement publié mercredi 3 février

Méthodiquement, François Fillon continue de décliner son programme économique dans la perspective de la primaire de la droite et du centre des 20 et 27 novembre prochains. Pour l’instant distancé dans les sondages par Nicolas Sarkozy – qui n’est pas encore officiellement candidat – et Alain Juppé, le député de Paris est loin de renoncer. Il croit en sa bonne étoile et s’applique à afficher l’image d’un homme sérieux préparant méthodiquement le prochain quinquennat.

En 2015, il a publié un ouvrage « Faire » et a présenté ses principales propositions économiques… Avec notamment l’ambition de réaliser 110 milliards d’économies dans les dépenses publiques. François Fillon affiche maintenant ouvertement un positionnement très libéral sur ces questions économiques et il le prouve encore en présentant ses propositions pour favoriser l’entrepreneuriat et « créer des entreprises de croissance ».

>> Lire : Le succès surprise de Fillon déporte le débat politique un peu plus à droite

Faciliter le financement des PME, via une baisse de l’impôt sur le revenu

Son objectif est que la France soit dans dix ans la première puissance économique en Europe. Il fait également le pari que ses mesures peuvent permettre de revenir au plein emploi en cinq ans, soit un taux de chômage ramené à environ 5%. Pour ce faire « il faut favoriser l’entrepreneuriat et débloquer la France ». selon lui, il manque 250 000 entreprises de croissance pour mettre la France au niveau de l’Allemagne.

Alors, que propose-t-il?

Pour l’ancien Premier ministre, il convient d’abord de « faciliter le financement des PME ». Pour ce faire, il imagine une sorte de « flat tax », via la création d’un impôt  sur les plus-values « modéré, forfaitaire et non progressif ». car il considère « absurde » que les plus-values mobilières soient taxées sur le barème de l’impôt sur le revenu.

Il propose aussi de réduire l’impôt sur le revenu de 30 à 50% du montant investi dans une PME, avec un plafond d’investissement maximum annuel fixé à un million d’euros par personne. Sachant, par ailleurs, que François Fillon supprimera l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF).

Il veut aussi multiplier les fonds privés d’amorçage, labelisés par la BPI et abondés par l’État, regrettant qu’actuellement, le seuil minimum d’intervention des sociétés privées d’investissement en capital soit de plus en plus élevé, se situant de 1,5 à 2 millions d’euros. Ce qui crée, selon lui, un « equity gap ».

Il dit également travailler à l’exemption des droits de succession sur les actions d’entreprises jusqu’à leur cession éventuelle, afin de sécuriser l’actionnariat familial. Il veut aussi réduire les délais de paiement à 30 jours après facturation- au lieu de 45 à 60 jou[Fondrs actuellement mais, souvent, en réalité, plutôt 90 jours. Mesure qui s’appliquerait aussi pour le secteur public.

>> Lire : L’Europe grande absente de la primaire à droite

Diminuer le coût du travail sur l’ensemble des salaires

Un autre de ses objectifs est « de réduire les contraintes imposées aux entrepreneurs ».  Il parle alors d’un « électrochoc » tendant à « massivement  diminuer le coût du travail » sur l’ensemble des salaires « afin d’attirer les talents qui feront grandir l’entreprise ». Il édictera donc « une règle simple de diminution directe de charges pour tous types d’entreprise et salaires », financée par une augmentation de la TVA et par les fonds actuellement dédiés au CICE.

Bien entendu, François Fillon n’oublie pas le droit du travail. Il préconise que le code du travail se limite aux normes sociales fondamentales et que tout le reste fasse l’objet de négociation dans les entreprises et les branches, notamment la durée du travail car il supprimera la référence légale des 35 heures. Il souhaite également donner aux chefs d’entreprise la faculté de recourir au referendum d’entreprise en cas d’échec du dialogue social… Une idée partagée par Alain Juppé et Nicolas Sarkozy.

Il veut aussi « rassurer » les entrepreneurs en limitant le champ du pénal applicable au chef d’entreprise aux seuls cas de fraude et en donnant le droit à un dirigeant d’entreprise mandataire social cotisant d’accéder à une caisse spécifique d’assurance chômage.

Faciliter la distribution d’actions

Saluant le succès du régime de l’autoentrepreneur – créé par l’ancien ministre Hervé Novelli, l’un de ses soutiens -, il veut « encourager tous les acteurs susceptibles de devenir entrepreneurs et les accompagner ».

Pour ce faire, par ailleurs,il veut permettre l’intéressement au capital  et la distribution d’actions sans risque de requalification « en salaire déguisé », afin d’attirer les « diplômés et les talents » dans les petites entreprises.

Enfin, François Fillon souhaite créer « une véritable culture de l’entrepreneuriat ». Pour lui, cela passe par la multiplication des passerelles entre le monde éducatif et le monde professionnel. Il faudrait aussi que l’apprentissage serve à la création d’entreprise et faciliter l’installation de juniors entreprises dans toutes les universités…

Un catalogue complet donc qui s’inscrit dans l’ensemble du programme économique « de choc » que François Fillon se promet d’appliquer « extrêmement vite et fort » s’il est un jour aux affaires. Pour ce faire, trois mois après son éventuelle élection à la présidence de la République, il proposera un referendum aux Français pour leur demander de pouvoir agir vite. Mais, d’ici là, il y a d’abord une primaire à gagner…

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